L'écrivain franco-congolais prononcera aujourd'hui sa leçon inaugurale au Collège de France, où il dirigera la chaire "Création artistique". Il est l'invité de Patrick Cohen.

►►►Alain Mabanckou répond aux questions de Patrick Cohen

C’est le grand jour ?

J’ai pensé que cette date n’arriverait jamais […].

Vous serez le premier écrivain à tenir la chaire de création artistique. Vous n’y avez pas cru il y a quelques mois.

J’ai cru que c’était un spam.

C’est la démocratie, c’est ce que j’aime avec le Collège de France.

►►►Alain Mabanckou : "Quand Antoine Compagnon m'a sollicité pour le Collège de France, j'ai cru que c'était un spam" :

Vous n’aviez jamais enseigné en France. C’est le hasard de la vie ou ça dit quelque chose de notre vision du monde francophone ?

Je n’ai jamais été frustré. Il faut parfois laisser le temps au temps. […] Je suis content que ça arrive à ce moment car la France se pose des questions sur les binationaux […]

La France a une grande part dans l’histoire de l’Afrique et l’Afrique a une grande part dans l’histoire de France.

Votre leçon inaugurale sera un plaidoyer pour que l’histoire africaine fasse partie du patrimoine français ?

On oublie que la littérature africaine est née de la réaction à la littérature coloniale. […] Les Africains étaient comme un meuble à côté.

On n’a pas besoin d’entrer dans l’Histoire, nous sommes l’Histoire . L’histoire de la France est cousue de fils noirs. […]

►►►Alain Mabanckou : "Il faut arrêter de considérer l'histoire de l'Afrique comme un épiphénomène" :

On a l’impression que l’Afrique existe d’avantage dans les universités américaines que françaises ?

Il y a toute une série d’étudiants qui ne voient pas la force de l’Afrique […].

La langue française est un continent.

Quel est votre rapport à la langue française ?

La force de la langue française c’est qu’elle accepte des rythmes plus lointains. [...] Il y a des langues françaises , quand nous acceptons cela, nous agrandissons sa puissance.

La langue française c’est le crépitement qui se passe à Abidjan […]

►►►Alain Mabanckou : "La France n'est pas un pays judéo-chrétien de race blanche"

Vous avez eu la reconnaissance de l’université américaine, française et de votre pays, le Congo ? Sur TV5 Monde, vous avez dit « le Gouvernement congolais ne sait pas que j’existe ».

Vous avez un ministre de la Culture au Congo, que j’ai traité d’inculture. Si la ministre de la Culture de France est là, l’ambassadeur de la Suède mais pas le ministre de la Culture du Congo, je me dis que je suis franco-suédois […].

Il y a des complicités entre Mathias Enard, Marie Darrieussecq et moi car nous sommes tous les héritiers de la fracture coloniale.

►►►Alain Mabanckou : "La langue française ce n'est pas seulement la France, c'est un continent"

►►►Alain Mabanckou répond aux questions des auditeurs de France Inter:

Aujourd’hui ça a un sens de parler des écrivains et des artistes noirs ?

Nous avons dépassé cette description de l’écrivain. (…] Nous sommes à un moment où les rapports se définissent par rapport à la rencontre. […] Nous sommes dans une civilisation du métissage.

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(Auditeur) Le français pluriel qu’il promeut n’est-il pas l’antidote contre le globish. Je ne suis pas contre l’anglais mais contre l’uniformisation linguistique ?

La francophonie plurielle peut être dangereuse. Il ne faut pas que nous concevions la francophonie comme la continuation de la francophonie politique. […] Il faut la francophonie culturelle […].

(Patrick Cohen) Comment voyez-vous la bourrasque politique de Trump ?

Je suis tranquille car n’oublions que nous sommes en train d’élire ceux qui seront candidats en novembre.

Il faut que Donald Trump ait les 1237 délégués requis. Il peut aussi décider de créer une indépendance. Les Républicains pourraient désigner un troisième candidat.

Je ne vois pas comment Bernie Sanders pourrait rattraper son retard.

Si Trump est Président des Etats-Unis je viendrai ici faire mes excuses.

Je pense qu’il y aura un ticket Bernie Sanders – Hillary Clinton.

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