Dans son livre "Vivre" qui vient de paraître aux éditions Arthaud, l'himalayiste donne le récit de sa tragédie sur le Nanga Parbat en 2018. Nous la recevons ce soir dans l’œil du Tigre.

Vue côté sud de Nanga Parbat, le neuvième plus haut sommet du monde, dans la chaîne de l'Himalaya.
Vue côté sud de Nanga Parbat, le neuvième plus haut sommet du monde, dans la chaîne de l'Himalaya. © Getty / Yasir Nisar

C'est l'histoire d'un sauvetage périlleux et d'une aventure qui a coûté la vie au polonais Tomasz Mackiewicz, son compagnon de cordée. Devenue livre, cette histoire tragique a marqué les esprits amoureux de la montagne. 

À l'antenne

Aux côtés d'Elisabeth Revol, le spécialiste de l'histoire de l'alpinisme Pierre-Henry Frangne, auteur du magnifique "De l'alpinisme" paru aux Presses universitaires de Rennes.

Extraits de l'entretien

Elisabeth Revol : "Si aujourd'hui je peux en parler, si j'ai pu poser les mots sur toutes ces choses, c'est que je suis aussi retournée en montagne et que ça a été ma thérapie". Elle est notamment allée à la conquête du Mt Everest, plus haut sommet du monde.

Pierre-Henry Frangne : "L'alpinisme a à voir avec l'enfance, avec cette capacité qu'a l'enfant de s'aggriper, de monter aux arbres pour faire des cabanes, etc. Dans l'alpinisme, il y a une part de jeu, inévitablement. Evidemment je parle de l'alpinisme amateur ; quand on est professionnel, ce jeu devient très sérieux, engage très loin (la vie, de l'argent...)"

Pierre-Henry Frangne : "Quand on est en haute-montagne, on est dans un univers qui est barré, dangereux. Non-fiable. On risque effectivement d'y mourir si on fait une chute. Et puis l'ascension est quelque chose de très lent. Et quand on arrive au sommet, on vit une expérience étonnante : une libération. Il n'y a plus que du "gaz", du vide. A bien des égards, on est comme un oiseau".

Une ascension qui vire au cauchemar...

Pour faire l'ascension d'un sommet comme celui du Mt Parbat, cela ne se fait pas en une fois. Il y a des camps de base, on y va par paliers... Le dernier bivouac était à 7383m ; le Nanga Parbat, lui, culmine à 8126 m. Ce 25 janvier au matin, le temps permet de monter : Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz tentent cette ascension en style alpin (sans oxygène, sans porteurs, sans corde). Ca se passe très bien, la journée est très belle. L'arrivée au sommet se fait vers 18h. Et puis, tout bascule dans un enfer immédiat : Tomasz Mackiewicz est frappé de cécité : il ne voit plus rien

Elisabeth Revol raconte : "Je ne sais pas pourquoi mais ça peut être la cécité des neiges : ça peut être qu'il n'a pas mis ses lunettes pendant la journée et c'est simplement la brûlure des rétines. Ça peut être du au froid, parce qu'il faisait extrêmement froid là-haut, et quand on a reçu le vent sur l'arrête, il a très bien pu faire un gel de cornée... ou c'est carrément un début d’œdème. Ces trois facteurs sont possibles. [...]

A partir de ce moment-là, je me suis effondrée. Ensuite : soit on se projette et on y va par étapes. J'ai fractionné, j'ai instauré une espèce de routine en me donnant des objectifs qui n'étaient pas trop loin : en premier on rejoint le couloir, ensuite, rejoint la zone mixte et puis... et ça c'est obligatoire. C'est l'espoir en la vie qui fait tenir ; je pense que des mécaniques de survie se mettent en place..."

Et aussi

"Vivre" d'Elisabeth Revol aux éditions Arthaud

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