Il nous a fasciné, nous a fait peur, nous a questionné. Il a toujours été l'ennemi parfait. Le champion sportif soviétique se dévoile dans "L'Oeil du Tigre" ce soir...

gymnastes russes à l'entraînement
gymnastes russes à l'entraînement © Getty / Heinz Kluetmeier

Avec l'escrimeur et entraîneur Jean-Michel Oprendek, ancien champion de France des maîtres d'armes au sabre et en fleuret. Il nous racontera une étonnante visite des infrastructures russes en 1977

Et Sylvain Dufraisse qui vient juste de publier au Champ Vallon une brillante somme : Les héros du sport : une histoire des champions soviétiques (années 1930-1980).

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JUKEBOX – Dimitri Chostakovitch

Le sport est un instrument politique et le pouvoir soviétique l'a très vite compris. Outil de propagande et de promotion de l'homme idéal, en bonne santé, le sport a servi à établir la fierté, l'attachement national et l'esprit soviétique. Dans ce contexte, Dimitri Chostakovitch compose, en 1929, la musique du ballet « L'Âge d'or ».

Ce ballet en 3 actes sur un livret d'Alexandre Ivanovski raconte l'épopée d'une équipe de footballeurs russes en occident. Chostakovitch thématise le contraste entre un bloc de l'ouest décadent et une patrie soviétique solide et robuste. L'Equipe de football est harcelée et les joueurs sont même emprisonnés. Les personnages de l'ouest sont caricaturaux, politiquement incorrects, voire fascistes.  

Finalement, les footballeurs russes sont libérés par des ouvriers occidentaux qui se révoltent contre l'oppresseur et la bourgeoisie corrompue. Le ballet se termine sur une danse commune des ouvriers et des footballeurs devenus solidaires. Tout était réuni pour que « L'Âge d'or » devienne un classique presque parfait de la propagande communiste... Pour servir la satire de l'occident, le ballet donnait à voir des chorégraphies de cancan, tango ou claquettes alors interdites en URSS. Face au succès de ces danses sur le public, le pouvoir décida finalement d'interdire l'oeuvre après seulement 18 représentations.  

Le destin de « L'Âge d'or » résume bien toute la complexité du rapport entre le pouvoir soviétique et Chostakovitch. En 1936, La Pravda critique l'opéra Lady Macbeth de Mtsensk, après que Staline ait détesté une représentation à l'opéra du Bolchoï. Le même sort sera réservé à son ballet « Le clair ruisseau » et Chostakovitch devient en quelques mois un « ennemi du peuple », sa musique étant considérée trop élitiste, mais il échappe finalement à la déportation. Le compositeur reviendra en grâce dans les années 40 mais sa relation au pouvoir restera complexe jusqu'à sa mort en 1975.

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