Le coureur de fond détenteur de sept records du monde est un héros, tombé en 1914 pour le pays. Si des stades et des lieux portent son nom, il est pourtant méconnu. Retour sur sa vie dans "L’Œil du Tigre" ce soir...

Le coureur français Jean Bouin
Le coureur français Jean Bouin © Getty / Popperfoto

Avec Bernard Maccario dont l'ouvrage majeur Jean Bouin : Héros du sport, héros de la Grande Guerre est disponible aux excellentes éditions Chistera. 

Et Paul Dietschy, historien du sport. Son dernier ouvrage : Le sport et la Grande guerre

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JUKEBOX – Emil Zátopek

Si sport et musique font bon ménage, il est assez rare que le monde de la musique consacre des œuvres en hommage à des sportifs, notamment des athlètes... et encore moins des coureurs de fond. Pourtant, il y en a un qui fait figure d'exception : Emil Zátopek.

Emil Zátopek (1922-2000) était un coureur de fond tchécoslovaque. Celui que sa mère surnommait « la mauviette » a révolutionné la course de fond. En une semaine, il a remporté 3 médailles d'or aux JO d'Helsinki en 1952 et il a détenu jusqu'à 8 records du monde différents simultanément. Il est aussi à l'origine des entraînements par courses fractionnées. Sympathisant communiste, Emil Zátopek a pourtant ouvertement critiqué l'intervention des soviétiques lors du Printemps de Prague et soutenu la révolution.  

Ce destin hors-norme ne pouvait pas laisser les artistes insensibles. Tout d'abord il y eut un éphémère groupe berlinois de punk-jazz en 1982 qui emprunta le nom Zatopek. Mais c'est finalement après la disparition du coureur en 2000 que la reconnaissance s'est amplifiée, notamment avec la biographie romancée « Courir » de l'écrivain français Jean Echenoz publiée en 2008. En 2012, la jeune compositrice anglaise Emily Howard compose une pièce d'opéra de 12 minutes : « Zatopek! ». Il y est question de sa carrière mais aussi de son épouse Dana, championne de lancer de javelot.  

« Courir » de Jean Echenoz a donné lieu à une adaptation au théâtre par Jean-Luc Annaix et mise en musique par le clarinettiste Michel Aumont en 2014. Cette biographie a aussi été adaptée en Suisse par l'artiste Thierry Romanens qui alterne chant et slam sur la musique du trio électro-jazz Format A'3. Après un an et demi de travail, le spectacle a vu le jour en 2016. Près de 70 ans après ses premiers exploits, Emil Zátopek, que les commentateurs ont surnommé la « locomotive » a laissé une trace dans l'histoire qui dépasse celle du sport.

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