Ce soir, c'est l'histoire de l'Homme à l'orchidée, surnom donné à Georges Carpentier, boxeur légendaire du début du XXe siècle. C'est le récit d'un prolo du Nord devenu vedette des années folles. Un athlète hors-norme, entre Liévin et Jersey City.

Georges Carpentier, la boxe en majesté
Georges Carpentier, la boxe en majesté © Getty / Keystone-France / Gamma-Keystone

Cette nuit à Lafayette en Louisiane s'est disputé le championnat du monde des poids légers. C'est l'Américain Regis Prograis qui a décroché le titre. Mais très franchement ça intéresse qui, la boxe, aujourd'hui ? La boxe est un sport en jachère et pourtant tout au long du XXe siècle, ce sport a généré de grands héros populaires, à commencer par George Carpentier mais lui, aussi, en quelque sorte, est un peu tombé en désuétude ?

C'est un petit gars du nord, né au XIXe siècle, fils de mineur, gamin élevé à la rudesse d'un coron. La légende raconte que tout serait né d'une bagarre dans une cours de récréation, entre deux gosses, dont l'un avait des aptitudes pour la boxe. Il s'appelait Georges. Le petit Carpentier. Destiné à devenir le premier Français champion du monde de boxe anglaise

Mais au-delà de l'athlète, il y avait l'esthète : une belle gueule, ce Georges Carpentier. Et qui savait causer avec intelligence (une intelligence au scalpel !) de sa technique et de son art.

À l'antenne

Pour tenter d'y répondre, Philippe Collin reçoit deux invités :

  • Jean Durry, écrivain, homme de radio et fondateur du musée National du Sport
  • Pascale Bouhénic, écrivaine et réalisatrice de documentaires. Elle est l'auteur du fantastique ouvrage, Boxing Parade

Extraits de l'entretien

Extrait d'un entretien avec Georges Carpentier, donné le 16 avril 1966 à l'ORTF : 

"J'ai les bras relativement courts, pour un boxeur. J'ai les jambes un peu trop grosses, trop lourdes, alors que généralement, le prototype du boxeurs est : les jambes minces, les épaules très larges, et tout le poids dans le haut, de faon à pouvoir faire sentir son poing sur l'adversaire. J'ai toujours été bâti autrement que ça. Alors il a fallu qu'avec mes moyens restreints, que j'arrive à faire quelque chose de bien dans ce métier-là. Donc j'ai étudié la boxe comme peut-être personne au monde ne l'a jamais étudié".

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L_OEIL DU TIGRE - Georges Carpentier 16/04/66

Jean Durry revient sur sa carrière : 

"Il faut se rendre compte que quand il meurt, le 29 octobre 1975, il va y avoir des centaines de Parisiens qui vont venir. Or son grand fait d'arme célèbre, c'est le combat (perdu, d'ailleurs !), le 2 juillet 1921 à Jersey City contre Jack Dempsey, soit 54 ans plus tôt [...] De 1909 à 1911, Carpentier livre 52 combats ! Alors qu'aujourd'hui quand un Tony Yoka fait quatre combats dans une année, on pense qu'il a beaucoup boxé. Il va devenir célèbre quand, le 23 octobre 1911 ) Londres, il gagne le titre de champion d'Europe contre Yung Josef, qui abandonne à la dixième reprise.

Un 29 février 1912, à Monaco, il devient champion d'Europe des poids moyen contre l'anglais John Sullivan - et c'est tout à fait caractéristique de son style : il commence par cueillir Sullivan d'une droite au menton, et pendant que Sullivan est en train de tomber, il a encore le temps de lui porter un uppercut du gauche qui l'achève

Le combat qui va être le combat-clef, c'est le combat du 1 juin 1913 à Gand : il est opposé pour le titre européen des poids lourds à l'anglais Bombardier Wells. Il y a un tel déséquilibre entre les deux hommes (Georges Carpentier pèse 73 kg et Bombardier Wells 92 kg) que lorsqu'il va au tapis à la première reprise, tout le monde se lève en disant "C'est un combat déséquilibré, c'est une honte !". Il s'accroche au deuxième round ; il commence à émerger au troisième… et au quatrième c'est Bombardier Wells qui est par terre : il est champion d'Europe des poids lourds." 

Aller plus loin

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