Neuf médailles d'or olympiques : c'est un mythe de l'athlétisme qui rend visite à l’œil du Tigre ce soir. Carl Lewis, en chair, en os et en muscles vient nous parler de sa longue et lumineuse carrière de sauteur et de sprinter...

Carl Lewis, athlète et légende du 20ème siècle en 1980.
Carl Lewis, athlète et légende du 20ème siècle en 1980. © Getty / Robert Riger

Ce week-end débutent à Doha les championnats mondiaux d'athlétisme avec 49 épreuves, 24 féminines, 24 masculines, et pour la toute première fois une course mixte : le relais 4 x 400 mètres, qui n'aurait pas déplu aux parents de Carl Lewis, couple d'enseignants qui a beaucoup œuvré pour l'égalité hommes / femmes dans le sport dès les années 1960 aux USA.

Sa parole est rare... Carl Lewis est au micro d'Inter, celui qui fut 9 fois champion olympique et 8 fois champion du monde entre 1984 et 1996, n'élude aucun sujet. Il a survolé l'athlétisme entre 1979 et 1996, sur les traces de son idole Jesse Owens. L'américain se confie sur ses souvenirs, son sport et sur l'avenir de l'athlétisme dont il fut le premier véritable professionnel. Il a une obsession : transmettre un héritage, être un modèle pour les générations à venir, lui qui fut un modèle du rêve américain, cette mécanique aujourd’hui totalement grippée - ce dont il se désole. 

Ci-dessous quelques extraits de l'émission

Sur les suspicions de dopage dont il a été victime

Il clarifie : 

Vous savez, même si j'avais bu de l'eau toute ma vie, on dirait que j'ai pris de la drogue quand même

Il poursuit : "Je prenais un médicament pour le rhume. Il est apparu à des tests. On était aux premiers balbutiements des vérifications de dopage à cette époque : on pouvait avoir un test positif, et puis pas... On s'est rendu compte qu'il y avait parfois des usages qui étaient purement médicaux,, ils étaient bien sûr exclus du cadre du dopage. Quelques années plus tard, il s'est avéré qu'en fait la dose en question pour laquelle on m'avait inquiété ne correspondait effectivement qu'à un médicament pris pour le rhume et aujourd'hui d'ailleurs, de telles doses ne seraient même pas reconnues comme un test positif de dopage"

C'était quoi le style Carl Lewis ?

"Je n'ai pas peur. Je  n'avais pas peur d'y aller. Pas peur des meetings, des disciplines, des choses à essayer. Mais je ne l'aurais pas fait si ce n'était pas mon cœur qui parlait".

À propos de sa famille

"Lorsqu'on a une mère qui est quelqu'un de solide et de fort, et puis cette sœur cadette qui était effectivement une athlète hors-pair, on apprend à respecter. Pour renforcer cette tendance, il se trouve que mon père était un homme que je respectais énormément, qui respectait ma mère et le droit des femmes, ce qui fait que j’étais dans un cadre idéal. Cette légende, ce succès, ça n'a été possible que parce que j'ai grandi au bon endroit, dans un bon creuset".

Les médailles je les ai toutes données, d'une manière ou d'une autre

"J'avais 24 ans quand mon père est décédé, j'étais encore tout jeune, et je me suis dit "il faut quelque chose qui maintienne le lien entre nous". Il y avait cette médaille..." Il l'a déposée dans le cercueil de son père. 

Jesse Owens

En 1984, la bannière étoilée, en main dans le stade de Los Angeles, Carl Lewis fut un héros national. Quatre médailles d'or pour égaler un mythe , celui de Jesse Owens, athlète afro américain, qui défia Hitler et Goebbels dans le stade de Berlin en 1936.

"Jesse Owens avait organisé les ARCO games, j'y participais. Il est venu me voir, j'étais tout jeunot. La deuxième fois qu'on s'est rencontrés, c'était un peu plus personnel, j'ai même pu prendre une photo de lui. Je l'ai entendu parler, et c'est vraiment comme s'il n'avait jamais parlé à personne d'autre qu'à moi - pas le lien de lui à moi, il était trop merveilleux pour ça, mais moi, je me suis dit, c'est vraiment quelqu'un que j'admire..."

C'est vraiment quelqu'un qui a changé ma vie, pas tant que ça en tant qu'athlète mais en tant qu'homme !

"J'ai beaucoup de reconnaissance... Il m'a montré le monde et a éveillé ma curiosité, historique notamment".

Son héritage

Pour marquer les esprits, il faut être créatif. 

"Ma vie, ce qui se passe, et c'est pour ça que j'ai tout donné au Smithsonian, les médailles par exemple. Il ne s'agit pas seulement de laisser un héritage visible, mais de partager quelque chose qui va les inspirer peut-être. Pour que, par exemple, ils puissent vivre ce que moi j'ai vécu par rapport à Jesse Owens !"

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