Dans "L'oeil du tigre", écoutez le récit d'un sport qu'on pratique en altitude, une course vers les cimes, le défi de l'homme face à l'immensité de la nature : l'histoire de l'alpinisme, au bord du précipice. Entre la cordée et le piolet, voici la trentième étape de notre safari au pays de la culture de masse.

Alpinisme dans le massif du Mont-blanc
Alpinisme dans le massif du Mont-blanc © Getty / Buena Vista Images

C'est l'heure du printemps, saison où la montagne troque tranquillement le blanc pour le vert et alors, tout doucement, les alpinistes des beaux jours reviennent au pied des massifs alpins arpenter. Chaque été, désormais, ils sont plus de 25 000 (!) à se frotter au Mont-Blanc. Mais que viennent-ils y chercher ? 

Pour tenter d'y répondre, Philippe Collin reçoit deux invités :

  • Pierre-Henry Frangne, professeur en esthétique et philosophie de l'art. Il vient de faire paraître aux Presses universitaires de Rennes le très beau livre De l'alpinisme.
  • Blaise Agresti, qui commande le centre national de ski et d'alpinisme de la Gendarmerie. Il est l'auteur d'une histoire du sauvetage en montagne dans le massif du Mont-Blanc, In Extremis, paru chez Paulsen mais aussi  Une histoire du secours en montagne  aux éditions Glénat.

Extraits de l'entretien

Gaston Rébuffat fait partie de la première équipe, avec Louis Lachenal, Lionnel Terray et Maurice Herzog, à gravir "un 8000" : l'Annapurna (8091 mètres).  Ecoutez-le parler de l'alpinisme (extrait sonore) :

Ce qui est important c'est de bien garder la tête sur les épaules. En football, en général si ça va mal on se déboîte un ménisque. À ski on se casse une jambe. En montagne, on se tue. C'est du tarif réduit, du courage à très bon marché, soit-disant, d'avoir le goût du risque. 

Blaise Agresti : 

Quand on est alpiniste, on évolue dans un décor qui est AVANT l'histoire.

Il ajoute : "L'un des plaisirs de haute montagne, c'est d'être dans une nature sauvage, sans trace d'homme. La réalité sans l'homme. Les Alpes nous mettent encore dans une nature sauvage alors que tout le reste est dominé par l'homme". 

Il souligne aussi l'impact de : "Année après année, des épaisseurs de glace disparaissent. Aujourd'hui, dans le massif du Mont Blanc, en haute altitude, les glaces qui sont apparentes ont 4000 ans". 

L'impact de nos activités humaines a déjà écrasé 4000 ans de chronologie.

Pierre-Henry Frangne :

En montagne, on voit le temps...

... et par là, le professeur pense à la fois au temps court (le recul des glacier) voir très court (l'orage, les avalanches...) et au temps très lent, très ancien : "Quand j'ai fait l'ascension du Mont Dolent, je savais qu'Edward Whymper l'avait conquis en 1855. Il en fait la description : c'est exactement ce que je voyais".

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