Aujourd’hui, le premier à entrer en piste, c’est le loup dans un conte classique détourné : Le plus malin de Mario Ramos . Editions Pastel. dès 4 ans

Le plus malin
Le plus malin © Radio France

Tout a commencé pour le loup par une rencontre formidable : au détour d’un chemin, il tombe sur une fillette toute de rouge vêtue. Vous connaissez la suite, le filou aborde la fillette, et cette fillette un peu trop bavarde raconte qu’elle rend visite à sa grand-mère. Le loup jubile : « C’est moi le plus malin. Aujourd’hui sera jour de festin. Au menu, grand-mère et petite groseille au dessert. »

Le loup court pendant que la fillette prend un autre chemin. Du coup, il arrive le premier chez la vieille dame. Le loup entre la maison est vide. Hop il enfile la chemise de nuit rose et s’apprête à se glisser dans le lit de la mémé, quand il se rend compte qu’il a oublié un détail…car il est malin

« Nom d’une pipe, bougre d’imbécile ! J’allais oublier d’effacer mes traces de pas devant la maison. »

Hélas, à peine est-il dehors, qu’un courant d’air claque la porte ! Flûte ! Plus moyen de rentrer. Le voilà en chemise de nuit rose à bord de dentelle dans la forêt… La honte ! Il se sauve et tombe sur un chasseur qui cherche ses lunettes… et qui croit parler à la grand-mère. Le loup décampe, pas fou le loup ! Plus loin, il croise trois ours. Puis trois petits cochons, ensuite sept nains, sans oublier le prince charmant et tous à cause de la chemise croient parler à la mère grand ! Au secours ! « Cette histoire de grand-mère commence à m’énerver ! rumine le loup en se contorsionnant désespérément pour se débarrasser de ce ridicule vêtement. Mais pas moyen d’enlever cette stupide chemise ! » Alors, une petite ombre rouge se plante devant lui : c’est le chaperon rouge. Le loup se jette sur elle en hurlant :« Ah celle-là, je ne vais en faire qu’une bouchée. Je suis le loup, le grand méchant loup et je vais te dévorer d’un seul coup… » Nous pouvons faire confiance à Mario Ramos, le créateur de cette histoire, il ne laissera pas cette charmante enfant se faire dévorer par un méchant. D’abord parce que l’auteur sait bien que les loups ne gagnent pas toujours et ensuite parce que cette histoire est pleine d’humour et qu’elle ne peut pas mal se terminer. L’humour sautera donc aux yeux de jeunes lecteurs de cet album qui s’adresse aux petits dès 4-5 ans avec des images gaies, drôles et aux cadrages amusants. L’humour pour les petits est difficile à réaliser dans les livres. Mais Mario Ramos est un expert et c’est drôle à chaque page. Cela renvoit à d’autres contes, d’autres références, le début d’une culture. Mais le renard n’a rien à craindre, le loup n’est pas devenu l’animal le plus malin de la forêt… alors que dans la vraie vie ….

Moi si j'étais grand
Moi si j'étais grand © Radio France

Zou, on quitte la forêt et on plonge dans la vie d’un enfant comme bien d’autres… avec l’album :

Moi, si j’étais grand d’Eva Janikovszky et Laszlo Réber. Editions La Joie de lire. dès 6 ans. Tous les enfants le savent, quand on est petit, c’est beaucoup amusant d’être un garnement qu’être obéissant : les grands ont beau nous répéter à longueur de journée :

« Sois sage, ne fais pas de bêtises, tu dois obéir… »

Être sage, c’est terriblement ennuyeux et les grands se trompent complètement quand ils affirment : « Quelle chance tu as d’être un enfant ! Mais tous les enfants le savent, même les plus petits : être grand est bien plus marrant. »

Les grands font tout ce qu’ils veulent, ils ne sont pas obligés d’aller se coucher au moment où il y a du suspens à la télé. Ils s’habillent comme ils en ont envie mais surtout ils n’arrêtent pas de donner des ordres :

« Regarde où tu mets les pieds »

« Range tes jouets »

« Arrête de te ronger les ongles »

« Mets ton pull. »

Et si ce n’est pas fait dans l’instant ; ils répètent :

« Combien de fois dois-je te demander de mettre ton pull ? Tu vas attraper froid ! »

Alors, bien entendu, les enfants finissent par capituler et les grands sont contents. Moi, si j’étais grand, je m’amuserais vraiment :

  • J’attraperais des mouches….
  • Je mangerais une tablette de chocolat entière avant le déjeuner
  • Je prendrais comme animal de compagnie une vraie girafe.
  • J’épouserais une fille qui ne dirait pas « pouah quelle horreur ! » devant une grenouille et qui marcherait avec moi à quatre pattes toute la journée…
  • Avec ma femme, nous aurions des enfants qui pourraient faire autant de bêtises avec nous … comme marcher tous à reculons dans la rue.
  • caresser tous les chats de gouttière.
  • marcher dans des flaques d’eau plus grosses
  • balancer nos jambes sous les chaises pendant le dîner,

Pour l’instant, je suis petit mais je dois encore beaucoup grandir avant d’être un adulte. Mais combien de temps me faudra-t-il encore attendre… ??? Il faudrait que je demande à mon papa…

Politiquement incorrects et légèrement subversifs, les textes d’Eva Janokovszky et les dessins de Laszlo Réber font mouche et ébranlent nos convictions d’adultes. Les images de cet album présentent de multiples scènes qui gigotent dans les têtes des lecteurs comme des bulles d’oxygène revigorantes.

Ce livre publié en Hongrie pour la première fois en 1965 est toujours aussi moderne et fort car il se met à la place de l’enfant qui doit se plier sans cesse à la volonté des adultes.

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