Je vous propose de faire un petit voyage dans l’imaginaire, car rien de ce que je vais vous raconter ne peut être vu. Nous commençons il y a 13 milliards et 800 millions d’années. Notre univers est tout jeune. Il a environ 300 000 ans. Nous allons tenter de remonter jusqu’à sa naissance.

Si nous commençons par là, c'est parce que nous sommes à un moment de transition. Cela fait 300 000 ans que notre univers, qui grandit, est opaque. Mais là, il vient de devenir transparent. Nous commençons notre voyage à la limite de ce que nous pouvons voir avec nos télescopes.

Aujourd’hui, il fait -270°C dans l’espace, mais cela fait plus de 13 milliards d’années que notre univers se refroidit. Lorsqu’il avait 300 000 ans, il faisait 3000 degrés. Partout.

Maintenant, à moins que vous ne soyez en train de conduire, fermez les yeux et imaginez l’univers qui continue à rétrécir et à chauffer. Des dizaines de milliers d’années s’écoulent. L’espace est maintenant tellement chaud que les atomes se brisent, libérant leurs électrons et leurs noyaux.

Environ 100 secondes après l’origine de notre univers, il fait près de 10 milliards de degrés. A cette température, même les noyaux des atomes se désintègrent. Les protons et les neutrons qui y étaient collés les uns aux autres sont projetés dans toutes les directions et se mélangent à l’incroyable énergie qui les entoure.

Un millième de seconde après l’origine de l’univers, nous atteignons 1 000 milliards de degrés. Les protons et les neutrons, ces particules parmi les plus solides qui soient, se cassent à leur tour et soudain, alors que la température ambiante avoisine le million de milliard de degrés, les forces de la nature telles que nous les connaissons aujourd’hui commencent à changer.

L’univers devient une soupe d’énergie pure.

La matière se transforme continuellement en lumière et la lumière en matière. La différence entre les deux devient superflue.

Mille milliardième de milliardième de milliardième de secondes après son origine présumée, notre univers fait 10 mètres de diamètre et continue à rétrécir. Tout ce qu’il contient est chauffé à un milliard de milliard de milliard de degrés et sa température continue à augmenter.

Alors qu’on croyait toucher au but, tout s’accélère encore et l’univers s’effondre soudain sur lui-même à une vitesse folle. De 10 mètres de diamètre, il rétrécit jusqu’à la taille d’un proton. La concentration d’énergie atteinte est phénoménale.

Un infime moment plus tard, les lois de la nature telles que nous les connaissons ne s’appliquent plus et même l’espace et le temps perdent tout leur sens. Nous venons d’atteindre un nouveau mur au-delà duquel la physique moderne est incapable de dire ce qui se passe.

Le Big Bang, c’est ce qui se cache derrière encore. C’est une extrapolation de ce qu’on pourrait y trouver; C’est la naissance de tout cela; C’est la lumite de nos connaissances, un endroit ou sciences, croyances et philosophies se mêlent.

Comment peut-on savoir tout ça si on ne peut pas le voir ?

Grâce à la théorie, beaucoup, et grâce aux accélérateurs de particules, comme celui construit sous la frontière franco-suisse, à Genève. Les chercheurs y brisent des particules en les envoyant les unes contre les autres. Les chocs y sont tellement violents qu’ils correspondent à ceux des premiers instants de l’univers. On peut alors voir comment se comporte la matière dans ces conditions extrêmes, et on en déduit ce qui se passait il y a près de 13 milliards et 800 millions d’années, bien longtemps avant que la Terre n’existe.

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