Une nouvelle réglementation pourrait modifier la manière dont on construit les bâtiments neufs. Et si demain on construisait au sein de nos villes, davantage de logements collectifs... en bois massif ?

L’avenir de l’habitat va-t-il se construire en bois ?
L’avenir de l’habitat va-t-il se construire en bois ? © Architectes Wilmotte & Associés

C’est possible. En tous les cas, c’est dans l’air du temps. En matière de construction, une nouvelle réglementation entre en vigueur cette année. C’est la RE 2020 (réglementation environnementale). Elle va remplacer la RT 2012 (réglementation thermique). 

Objectif : construire plus écologique. Réduire les émissions de carbone. Il faut savoir que 25 % des émissions de carbone en France sont liés à la construction. Et c’est là qu’on va pouvoir utiliser des matériaux bio sourcés comme le bois qui a cette capacité d’inverser le bois au carbone. Plutôt que d’émettre du carbone, il le stocke.
 

Une prise de conscience de l’impact de l’habitat sur la santé des habitants

Selon une récente étude de l’IFOP, les Français ont vraiment pris conscience de l’impact de l’habitat sur l’environnement. 80 % des sondés considèrent que la construction bas carbone est une mesure très importante et qu’il faut privilégier. L’attente qui concerne les bâtiments est passée devant l’industrie automobile et les voyages en avion, qui étaient les grands coupables du réchauffement climatique. 

Comment est perçu le bois ? 

C’est un plébiscite. Matériau naturel par excellence. Le plus respectueux de l’environnement devant la pierre, le béton et le verre. Il est réutilisable, recyclable. Considéré comme le plus rassurant, chaleureux. Il joue sur la santé. Et de plus en plus d’opérateurs se lancent dans cette aventure. Il s’agit d’innover en bâtissant des immeubles de plusieurs étages en bois. Des constructions moins polluantes, conçues pour résister au temps.

Au-delà des bénéfices écologiques, de performance thermique, la construction bois a de nombreux atouts, comme le souligne Julien Pemzec, président du Directoire de Woodeum, spécialisé dans la construction bois : 

Le bois apporte aussi une efficacité de réalisation pour les villes qui se construisent de plus en plus sur elles-mêmes. Le chantier est un traumatisme aujourd’hui et grâce au bois, on va pouvoir réduire de 6 à 8 fois les rotations de camions en phase de gros œuvre. On va gagner de 4 à 6 mois sur l’exécution des travaux sur des chantiers très impactant qui sont ceux où le bâtiment se monte. Et c’est très important parce que cela favorise l’acceptation et l’adhésion des projets. 

Des projets qui poussent…mais lentement. Aujourd’hui, la construction bois en France représente à peine 7 % des réalisations neuves annuelles. En Allemagne et en Autriche, on dépasse les 20 %. La France a du retard dans le domaine mais le mouvement est en marche. Le bois est un matériau très technique mais il y a un vrai virage qui est engagé et qui sera amplifié avec la nouvelle réglementation environnementale.

Si le virage écologique est lancé, les enjeux sont aussi esthétiques ? 

La construction bois massif doit contribuer à ériger des immeubles « désirables ».
Des architectes comme Jean Michel Wilmotte, Jean Paul Viguier notamment apportent leur concours et toute une nouvelle génération impliquée. 

L’avenir de l’habitat va-t-il se construire en bois ?
L’avenir de l’habitat va-t-il se construire en bois ? / Architectes Wilmotte & Associés

Des immeubles en bois sortent ou vont sortir de terre à Bordeaux, Lyon, Strasbourg mais aussi en région parisienne : à Rueil-Malmaison, Meudon-la-Forêt, Issy-les-Moulineaux, Pantin ou encore dans le futur village olympique de Paris 2024.

Cela va dans le sens des nombreux enjeux : écologique, technologique mais aussi architectural. Et pour la construction dans nos villes, c’est l’une des meilleures réponses. A la fois saine…et durable.

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