La Fabrique de la Cité, groupe de réflexion sur la place de la ville et les innovations urbaines, publie cette semaine une enquête menée avec Kantar. Le thème : « Les Français et les villes moyennes ». Quels sont les principaux enseignements à en tirer ?

L'appel des villes moyennes
L'appel des villes moyennes © Getty / wilatlak villette

Tout d’abord une confirmation sans doute renforcée par la crise sanitaire et ses impacts. C’est une sorte « d’appel de la forêt », les Français ont une envie de nature, de calme, sans doute lié au confinement mais l’enquête donne le sentiment que c’est beaucoup plus profond et que cela correspond à un besoin de longue date.

Deuxième enseignement sur cette envie de bouger, de s’installer dans une ville moyenne, elle est beaucoup plus forte chez les Parisiens qu’ailleurs. Un Français sur 5 dit qu’il a envie de changer ; quand un Parisien est interrogé, cela monte à 36 %.

Ensuite, les Français considèrent la ville moyenne comme une ville charnière. Perçue comme plus dynamique qu’il y a 10 ans. Loin de l’image de la ville sur le déclin, où l’on s’ennuie.

Qu’est ce qui attire dans la ville moyenne ? 

C’est avant tout la tranquillité (32%). Vient ensuite la proximité avec la nature (25%), ainsi que le coût de la vie accessible et les logements plus spacieux (23%). 

S’il faudra sans doute attendre 2021 pour savoir si la confinement a joué un rôle d’accélérateur, tout comme les possibilités de travailler à distance, il y a  un mouvement, des envies, mais pas encore de confirmation

L’élément déterminant pour s’installer dans une ville moyenne est de trouver un emploi. Parmi ceux qui ont franchi le pas et vivent désormais dans une ville moyenne, la raison professionnelle est le premier motif (38%). Vient ensuite le rapprochement familial (24%) et ensuite les mêmes atouts que ceux qui rêvent de quitter les grandes villes (calme, proximité avec la nature..) .

Vivre dans une ville moyenne d’accord, mais pas n’importe où

C’est ce que souligne Cécile Maisonneuve, la présidente de la Fabrique de la Cité :

Quand les Français disent qu’ils ont envie d’habiter dans une ville moyenne, ils répondent d’abord dans la périphérie de la ville moyenne, la périphérie de la petite ville avant le centre de celle-ci. Cela révèle quelque chose de très important sur les débats actuels autour de l’étalement urbain par rapport aux objectifs fixés par les pouvoirs publics et la zéro artificialisation nette. On en est loin. Parce que les Français sont allergiques à la densité ou ce qu’ils perçoivent comme de la densité. 

La Fabrique de la Cité a également interrogé des maires de villes moyennes sur les enjeux et les perspectives. Les maires de Charleville-Mézières, Saint-Raphaël, Neuilly-sur-Seine ou encore Lens par exemple ont répondu. Il en ressort que les villes moyennes ont un potentiel de développement si elles sont correctement raccordées aux métropoles autour d’elles.  

Tout faire pour faire rester et attirer les jeunes. Et répondre au défi du logement

La mobilité est un enjeu majeur : covoiturage domicile-travail ou l’autopartage (avec le véhicule électrique qui doit être mis en avant). Développer les mobilités, mais aussi créer des espaces verts, des lieux de vie...

La question du logement, la qualité du logement est un point très important dans l’esprit des Français et notre enquête le prouve. Le logement accessible, le logement agréable, si possible avec de la nature autour, est plébiscité, y compris par les jeunes.

Des élus qui attendent que l’on mette les villes moyennes sur la carte de la France qui bouge. Cela passe par : avoir de bonnes connexions, les moyens de se retrouver, mais aussi accéder aux bornes électriques, éviter les fractures territoriales, répondre aux attentes en matière de services publics. Etre aussi au cœur des innovations. Des villes moyennes qui plus que jamais, doivent être impliquées dans la transition écologique. Et numérique.

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