C'est une nouvelle expérience urbaine, qui n'a rien à voir avec la colocation, qui fait de plus en plus d'adeptes.

L'essor du "coliving".
L'essor du "coliving". © Getty / Svetikd

A la différence de la colocation, le coliving consiste à louer une chambre meublée avec généralement une salle de bains…donc un appartement indépendant / et vous partagez avec d’autres résidents des services : salle de sport, salle cinéma, la restauration, des bureaux… de multiples prestations sont proposées aux résidents. Des prestations à la carte. 

C’était déjà dans l’air du temps.  L’expérience du confinement a accéléré la demande de logements en « coliving ». Essentiellement auprès de jeunes actifs.  

Beaucoup de jeunes urbains qui en ont eu assez d’être cloitrés dans un petit studio d’une grande ville, se sont dit qu’ils préféraient profiter d'un logement plus grand, quitte à partager une partie de l'espace.

La notion de partage des lieux au sein d’une même résidence a-t-elle de l’avenir ? 

Le coliving correspond bien aux attentes des jeunes actifs. C’est l’usage. On veut moins détenir mais l’usage du logement doit avoir une valeur ajoutée.  C’est-à-dire un accès à des services, plus de flexibilité. 

Pour un prix qui doit rester raisonnable. Moins cher qu’un loyer classique. Avec des appartements qui vont de 25 à 40 m2. 

Les locataires restent en moyenne 7 mois. Certains louent pendant deux ou 3 mois. Ils n’ont pas envie d’aller à l’hôtel, ils veulent vivre une expérience collective. 

Mais est-ce que cela marche ? Le coliving est-il amené à se développer, pour une population en transition ? 

En Asie et notamment en Chine il est extrêmement développé. En Europe, il est en plein essor. 

En France, il y a par exemple The Babel Community qui s’est lancé rue de la République à Marseille et qui dispose d’une résidence de 4000 m2 avec 80 logements d’habitations, des postes de travail, une salle de sport, un gymnase, un ciné-club et un restaurant. Le taux d’occupation est très élevé avec essentiellement des 25/40 ans.  La plupart arrivent dans la ville sans la connaître et c’est donc l’occasion de faire des rencontres. 

Cela marche tellement bien, qu’une deuxième résidence de ce type va ouvrir à Marseille.   

Le même concept existe à Montpellier et The Babel Community va ouvrir à Grenoble, à Aix en Provence, Lille et Bordeaux et bientôt…à Paris. A terme, 25 résidences en 2025. 

Il y a aussi La Casa, présente dans une dizaine de villes autour de Paris  

Il y a Colonies qui prévoit d’ouvrir 50 projets de ce type en France et en Europe, il y a Urban Campus, les plateformes Colivys, Koliving

Il y a des projets dans les grandes serres à Pantin en région parisienne. On peut même trouver du coliving à la campagne…c’est l’expérience menée par Mutinerie Village dans le Perche sur le modèle des résidences d’artistes.  Mais le concept se développe essentiellement dans les centres villes. 

C’est une offre qui manquait et qui va répondre à de nouvelles attentes ? 

C’est une offre qui manquait pour des gens qui cherchent un appartement rapidement et qui soit équipé avec internet et des services. 

C’est une offre qui met aussi en lumière la difficulté de se loger. Des centres urbains saturés, des loyers chers. 

La demande est de plus en plus importante. 

Des entreprises implantées dans plusieurs villes nouent des partenariats pour que se développent ce type de résidences. 

Les promoteurs immobiliers ont bien compris les besoins et les enjeux du partage des lieux. Ils s’y intéressent de plus en plus à l’image de Vinci immobilier qui lance Bikube, un concept de coliving… 

De son côté, Icade va lancer une résidence de coliving au Havre

On peut imaginer aussi demain que le coliving soit intégré dans de nouvelles résidences avec des services mutualisés. 

Nouvelle expérience urbaine, étape du parcours résidentiel, le coliving fait partie de la transformation des façons d’habiter. En attendant qu’il devienne –peut –être un jour - un futur mode de vie. C’est une des solutions pour se loger et vivre autrement. 

Pour aller plus loin :

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.