Taille des appartements dans le collectif, optimisation des espaces, possibilité de transformer l'intérieur d'un logement... Le ministère de la Transition écologique confie à deux spécialistes de l’habitat, le pilotage d'une mission sur ce sujet.

Un futur référentiel sur la qualité du logement;
Un futur référentiel sur la qualité du logement; © Getty / Virojt Changyencham

Il s’agit de mettre en place un nouveau référentiel de la qualité du logement. Avec cette idée : et si demain on construisait différemment l’intérieur de nos logements ? Revoir les plans, les espaces, la taille, la modularité, pouvoir transformer… C’est une piste qui est sérieusement à l’étude.

Le gouvernement confie cette mission a deux experts de l’habitat. Deux personnalités complémentaires. L’un est un architecte, urbaniste de renom, c’est François Leclerq. L’autre est un spécialiste des questions techniques, ex directeur juridique de l’Agence nationale de l’habitat et aujourd'hui aménageur, directeur d'EpaMarne/EpaFrance, c’est Laurent Girometti.

Tous les deux vont mener jusqu’à l’été 2021 une série d’entretiens avec d’autres professionnels (maîtres d'ouvrages, architectes, aménageurs...), s'appuyer sur des études afin d’établir une synthèse, puis des recommandations sur ce que doit être cette notion de qualité du logement. 

Les logements neufs sont mal adaptés à nos besoins ?  

C’était dans l’air du temps depuis quelques années mais les périodes de confinement, les sujets liés au télétravail ont sans doute accéléré la perception qu’il y a une baisse de la qualité notamment la taille des logements dans le collectif...

Il faudra sans doute éclaircir ce hiatus qui est ressenti entre la qualité technique supposée et la qualité d’usage perçue. Cette qualité d’usage perçue donne lieu à une certaine insatisfaction de la part des habitants, des occupants des logements. C’est évidemment fondamental.  (Laurent Girometti)

Au fil du temps, en France, il semble que l'on a construit de plus en plus petit. Pour des raisons souvent économiques. La hauteur sous plafond qui se réduit, le manque d’espace, de place pour le rangement, pas de coin pour s’isoler pour télétravailler... Plus c’est petit, plus le prix au mètre carré est cher. François Leclerq estime qu'un appartement de 3 pièces devrait faire plutôt 65, 70 m2 et pas une cinquantaine…

Parmi les pistes d’aménagement, la possibilité de transformer l’intérieur fait peu à peu son chemin. 

Il y a une notion qui est assez importante, c’est la modularité. Ce que l’on fait et surtout quand c’est mal fait, lorsque c’est petit, doit pouvoir être modulable dans le temps. C’est-à-dire éventuellement pouvoir transformer sans trop de difficulté.  (François Leclerq)

Une chose est sûre, on ne pourra pas faire plus grand, plus beau, plus performant et moins cher. Mais il faudra réfléchir à comment faire mieux pour l'acquéreur final. Alors, règles strictes ou signe de qualité ? Pour parvenir à établir un référentiel sur la qualité des logements, un label incitatif pourrait être une possibilité :

Il peut effectivement y avoir un très large panel de débouchées. Un label permet de faire mieux que la réglementation. Ce n’est pas imposé. Un label c’est un signe de qualité. (Laurent Girometti) 

Au final, de sacré enjeux économiques, sociaux et écologiques La conception du logement de demain devra mieux répondre aux attentes des occupants. Derrière la qualité du logement, il y a nos modes de vie.

Un logement adapté ou adaptable, avec suffisamment d’espace, que l’on puisse configurer, avec de meilleures fonctionnalités pour ranger, trier ses déchets, accéder à l’espace extérieur, des éléments communs à l’échelle de l’immeuble, des petites choses qui facilitent et améliorent la vie au quotidien....Et qui puissent conjuguer intimité et vivre ensemble. 

Aller plus loin 

Ministère de la Transition écologique 

Habiter la France de demain 

Agence nationale de l'habitat 

Leclerq associés 

EpaMarne/EpaFrance (Laurent Girometti) 

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