Construire des logements plus écologiques, moins énergivores, réduire l'empreinte carbone et répondre aux enjeux climatiques, c’est un objectif fixé cette année en France. La RE 2020 doit entrer en vigueur dans les secteurs de l'habitat et du bâtiment. De quoi s’agit-il ?

Une nouvelle réglementation environnementale dans la construction.
Une nouvelle réglementation environnementale dans la construction. © Getty / Boris SV

Le secteur de la construction est appelé à faire sa révolution. Afin de construire plus écologique, émettre moins de carbone, réaliser des économies d’énergie, utiliser des matériaux bio-sourcés, la France va se doter d’une nouvelle réglementation environnementale, la RE 2020, pour les constructions neuves. Elle remplace la RT 2012 (réglementation thermique).  

Son entrée en vigueur est prévue à l’été 2021… Ca concerne tous les nouveaux bâtiments, les logements, les bureaux et les bâtiments publics d’enseignement.

Une révolution dans la façon de construire… D’accord mais encore faut–il tenir compte des réalités économiques… Est-ce possible ? 

Construire plus écologique tour le monde est d’accord mais c’est un sacré changement par rapport aux modèles et aux process qui existent depuis des années.

Et c’est là où de nombreux professionnels de la construction émettent des réserves. La Fédération Française du bâtiment, celle des promoteurs (FPI), l’union sociale pour l’habitat (HLM) et d’autres syndicats ont écrit au gouvernement. Ils estiment que si l’intention est louable... C’est encore trop tôt. Et puis, construire plus écologique ça veut dire de nouvelles règles, des nouveaux matériaux... Cela peut coûter cher à mettre en place…

Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l’immobilier

On sait construire en émettant moins de gaz à effet de serre, en consommant moins d’eau. Il y a différents procédés qui permettent de construire des logements beaucoup plus économes en matière d’énergie. On a déjà fait beaucoup de progrès en la matière. Pour autant, souvent ce sont des projets plus coûteux. Attention à vouloir faire des opérations, des logements trop performants, on risque de faire des logements trop chers et par définition inaccessibles pour la plupart des ménages. Donc, à vouloir faire trop bien, on risque de faire trop peu. 

Côté gouvernement, on veut maintenir le cap fixé. 

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement : 

Notre objectif, c’est d’avoir des bâtiments qui consomment moins dans le process de construction et qui consomment moins en gestion et ce sera aussi des économies pour les propriétaires. La norme, quand elle va rentrer en vigueur, elle posera comme base, 30 % de consommation énergétique pour le chauffage de moins que la norme précédente. Après, comme à chaque nouvelle norme, les professionnels nous disent que cela va augmenter très significativement le coût de la construction et donc le coût final pour l’acquéreur, et puis lorsque l’on fait le bilan, on se rend compte que finalement, il y a une industrialisation des processus de construction et que du coup, cette augmentation elle est, soit nulle, soit modérée. C’est ce qui c’était passé pour la norme de 2012.  

A suivre donc, c’est un sujet de vigilance. En cette période de crise et d’incertitudes, entre les enjeux économiques et ceux de la transition écologique, il faudra ajuster et trouver le bon équilibre.

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