Coup de projecteur sur les innovations sociales au service de la ville. Elles sont souvent bien utiles mais peu connues. Alors, il y a des propositions pour accélérer les initiatives locales et solidaires dans les quartiers.

Transition urbaine : accélérer les innovations sociales et solidaires dans les quartiers
Transition urbaine : accélérer les innovations sociales et solidaires dans les quartiers © Getty / kali9

Le mouvement de participation citoyenne dans la vie de quartier prend de l’ampleur. Un peu partout en France, les initiatives se multiplient. Mais c’est un mouvement qui manque de relais, de connaissance… parfois de soutien et de financement. 

En France, on parle souvent de ce qui ne va pas dans les quartiers. Alors que parallèlement, il y a une multitude d’initiatives sociales et solidaires dans nos villes mais dont on parle moins et qui ne sont pas connues ou reconnues

Quelles sont-elles concrètement ? 

Des associations qui proposent de l’entraide locale, qui organisent des chantiers participatifs, des tiers-lieux, des jardins partagés, des projets d’agriculture urbaine… Il en existe beaucoup. 

Afin d’aller plus loin, Paris and Co publie un manifeste avec des propositions pour accélérer l’innovation sociale partout en France. Des propositions formulées par les lauréats de l’Arc de l’innovation. Ce sont des porteurs d’initiatives, localisées dans les quartiers populaires de l’Est parisien.

C’est par exemple, Linkee, qui lutte contre le gaspillage et propose un service de livraison d’invendus alimentaire gratuits. C’est Coquelicoop, un supermarché coopératif à Fresnes. C’est Dealer de livre, une librairie de rue sur le parvis de la gare Saint-Denis. Ou encore A travers fil, une menuiserie partagée… Il y en a une soixantaine. Marie-Anne Hallais, chargée d’innovation sociale à Paris and Co (Urban Lab) : 

On est parti des constats qu’ils ont repérés sur le terrain, de ce qui les freine au quotidien d’un point de vue des ressources humaines, du financement, de la coopération... Ensemble, on a réfléchi à des solutions concrètes, actionnables, que l’on puisse adresser aussi bien aux acteurs publics et privés qu’aux porteurs de projets eux-mêmes, car il existe déjà des solutions qu’ils peuvent mettre en place par plus de collaboration.

Parmi les propositions du Manifeste : mieux connaître ces initiatives, les identifier, le faire savoir. Créer des clubs pour réunir régulièrement, les entreprises privées, des collectivités et des porteurs de projets. Développer les outils numériques, encourager l’épargne solidaire vers la transition écologique et sociale, faciliter le financement des projets d’intérêt général.

Et puis la façon de faire la ville. Et notamment sur le volet immobilier. C’est également un facteur de cohésion. 

C’est aussi leur donner une plus juste place en ville. Ces porteurs de projets sont très utiles au développement local, à l’attractivité locale. Pour autant, le marché de l’immobilier leur est peu accessible. 

Il est donc proposé : d’appliquer des loyers progressifs pour les porteurs de projets afin de ne pas les pénaliser dans leur modèle économique - on pense notamment aux besoins en matière de locaux ou de tiers lieux. Inciter fiscalement les acteurs de l’immobilier de louer leurs biens à des prix abordables pour ces initiatives. Mettre en place un bail commercial d’utilité sociale. L’expérience a été tentée à Lille. Pour une coopérative (La Voisinerie) qui se situe au pied d’une nouvelle résidence.  Ça marche. Une convention a même été signée entre une association et un bailleur social. Bref, les idées ne manquent pas. 

Ce sont des projets magnifiques, portés par des équipes extrêmement passionnées, ambitieuses, qui ne comptent pas leur temps et qui connaissent leurs quartiers comme personne, qui créent de la rencontre, de la mixité entre cultures, entre générations. Je pense qu’il faut vraiment continuer à les encourager, leur faire confiance et les défendre au maximum.

La fabrique de la ville gagnerait à mieux intégrer les acteurs de l’intérêt général. Pour faire émerger les projets de transition urbaine. Multiplier les lieux de vie et d’échanges. Pour donner – demain - à ces nouveaux acteurs, une meilleure place dans nos villes et nos quartiers.

Aller plus loin

Programmation musicale
  • EnnyI want (radio edit)2021
L'équipe