L’urbanisme demain avec, aujourd'hui, une idée dans l’air du temps : la ville du quart d’heure. Mais que se cache-il derrière ce concept ?

La ville du qiart d'heure ou ce concert d'urbanisme qui consiste à imaginer des villes où tout se fait dans un périmètre de 15 minutes à pied, sans prendre la voiture
La ville du qiart d'heure ou ce concert d'urbanisme qui consiste à imaginer des villes où tout se fait dans un périmètre de 15 minutes à pied, sans prendre la voiture © Getty / illustration

C’est le principe de trouver près de chez soi tout ce qui est essentiel. Pour faire ses courses, pour travailler, pour pratiquer des loisirs, pour se cultiver, pour se soigner. A moins de 5 minutes à vélo et à 15 minutes maximum à pied. Sans prendre la voiture. 

L’idée, considérée comme utopique il y a quelques années, a été lancée par l’urbaniste et chercheur franco-colombien Carlos Moreno, professeur à la Sorbonne. Il est à l’avant-garde de la ville intelligente et du concept de la ville du quart d’heure. 

Habiter, travailler - voire télétravailler -, s’approvisionner, se soigner, s’éduquer et profiter des loisirs : ce sont les piliers de la ville du quart d’heure.  L’hyper proximité. Mettre en place des quartiers entièrement conçus et pensés / pour faire gagner du temps aux habitants.  

Et ce concept de la ville du ¼ d’heure, ça marche ? 

La dynamique est lancée, le concept commence à s’appliquer un peu partout dans le monde. A Copenhague au Danemark, à Melbourne en Australie et Ottawa au Canada ce sont des villes qui s’engagent dans cette voie et s’approprient cette nouvelle urbanité. Tout comme Utrecht au Pays Bas, ou Edimbourg en Ecosse.

En France, aussi ça existe : la ville de Nantes va développer le concept au fur et à mesure dans de nombreux quartiers. C’est déjà opérationnel à Prairie au Duc. Dans la capitale, il y des délégués au ¼ d’heure qui vont recueillir les besoins. A Pantin, en Seine Saint-Denis, les réflexions avancent en ce sens.  La métropole de Dijon et Mulhouse sont des territoires d’expérimentations.

Mais est-ce que cela peut s’appliquer partout ? 

C’est évidemment beaucoup plus compliqué dans les petites villes ou la voiture est encore indispensable pour se déplacer, (pour se rendre dans un centre commercial). Le modèle est plutôt pensé pour les quartiers en devenir des grandes métropoles. Pour arriver à concrétiser la ville du quart d’heure. Il faut une volonté politique. Du maire, des élus locaux. Ca veut dire aménager des espaces, des routes pour les vélos, des équipements en conséquence. 

Mais ça ne doit pas forcement coûter cher. Il ne s’agit pas de construire de nouveaux équipements. Mais mieux utiliser l’existant. Ce que Carlos Moreno appelle les ressources cachées de la ville. Beaucoup de choses du domaine public sont disponibles. 

Exemple :  les écoles qui ne sont ouvertes qu’une partie de la journée et une partie de l’année, pourraient ouvrir pour des associations.  Les gymnases libres pourraient servir à autre chose que faire du sport comme par exemple, proposer des cours de langues. Mieux partager les espaces, les mètres carrés. Les infrastructures sont là, on peut les utiliser. Pour Carlos Moreno, c’est la voie de l’avenir. 

« Moi ce que je propose avec la ville du quart d’heure ce n’est pas une baguette magique…je propose un voyage, je propose un chemin, je propose une voie qui rééquilibre le volet écologique, économique et social. C’est-à-dire une ville qui soit vivable, viable et équitable ». Carlos Moreno, urbaniste

Voilà pour les clés que propose cet urbaniste aux décideurs économiques et politiques. Inventer collectivement de nouveaux modes de vie, répondre aux besoins d’une meilleure qualité de vie. 

Ce concept de La ville du quart d’heure, c’est un engagement pour mieux apprécier la vie dans son quartier. Un quartier qui doit offrir à ses habitants des « commodités » et des services… à portée de main.

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