Le jeune maire d’une commune de Seine Maritime, près de Rouen, veut associer les habitants à tous les projets d’urbanisme de la ville en les faisant rédiger une charte. De quoi s’agit-il ?

Une charte de l’urbanisme rédigée par les habitants.
Une charte de l’urbanisme rédigée par les habitants. © Getty / Boris SV

Construire la ville de demain, c’est souvent le résultat de décisions qui échappe aux habitants. Pourtant l’urbanisme, c’est l’affaire de tous. Ca concerne l’organisation et l’aménagement des espaces urbains. Ca touche l’architecture, la géographie, les transports, l’environnement, les rapports sociaux… Bien sûr nos logements… Bref, nos espaces de vies. 

Le nouveau maire de Bois-Guillaume, commune de l’agglomération de Rouen, veut associer les habitants à bâtir une stratégie pour l’urbanisme de demain. Son crédo : que la cité ne soit plus ce qu’il appelle « un terrain de jeu » de certains promoteurs.

Et pourquoi ? 

Ce jeune élu d’à peine 30 ans, qui s’appelle Théo Perez, considère que Bois-Guillaume s’est urbanisée brutalement. "La ville avait une identité architecturale avec de jolies maisons. Beaucoup ont été remplacées au fur et à mesure par des immeubles, un peu sans âme. Une partie de la population l’a mal vécu". Le nouveau maire, sans étiquette, veut changer les choses. Il n’est pas contre les constructions. Il souhaite que sa ville soit aménagée en totale concertation. Pour lui, ce sont aux habitants de décider pour l’urbanisme.

Concrètement, comment veut-il faire ? 

En créant une convention citoyenne pour définir les règles et rédiger une charte de l’urbanisme. Il a lancé un appel à candidature pour tous les volontaires.  La convention citoyenne sera formée par le CAUE 76 (Conseil Architecture Urbanisme Environnement), notamment pour les aspects juridiques. Et à Bois-Guillaume, tout le monde peut participer. 

La démarche que l’on a est assez inédite. Parce que l’on confie la rédaction de la charte d’urbanisme de A à Z à une instance citoyenne.  Cela va durer plusieurs mois. Dans un premier temps, on forme les habitants volontaires, ce qui est fondamental et puis on leur donne des moyens de rédiger une charte à leur image et à l’image de la ville. Ce sera encadré par le CAUE 76. La notion qui fait la différence, c’est le temps. Ils vont avoir le temps de travailler, le temps de s’exprimer.  ( Théo Perez)

Il y aura ensuite les propositions des citoyens.  En reprenant de grands principes : ne pas construire n’importe où et préserver les espaces naturels ; construire avec une vraie ambition énergétique et pas que les légales ; Avoir une vision architecturale crédible pour favoriser les formes, les matériaux, les couleurs, etc… et bien sûr, réfléchir sur la méthode de discussion.  L’idée étant de trouver un équilibre entre les intérêts privés et l’intérêt général. 

Cela permet de faire le lien finalement avec la définition même de l’urbanisme. Comment répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain dans une ville qui va, de toutes les façons, évoluer. Il y a la place de la nature et de l’environnement. Il y a la place de l’architecture. Il y a la place de l’espace public et in fine, la façon dont on vit tous ensemble. (Théo Perez) 

Associer les habitants aux projets d’aménagements, c’est dans l’air du temps. De plus en plus de collectivités souhaitent les impliquer en allant au-delà de l'instruction et de la délivrance de permis de construire. Ca se retrouve à l’échelle de certains quartiers. En attendant que cela se développe encore plus, l’expérience de Bois-Guillaume en matière d’urbanisme est à observer à la loupe. En tous les cas, pour un dialogue apaisé et constructif, c’est déjà un bel engagement.

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