Il existe sur internet une multitude de données pour estimer les annonces en ligne de logements à la vente. Mais pour s’y retrouver, quelles sont celles à prendre en compte et celles qui prendront de la valeur… demain ?

Jusqu’où peut aller la transparence des données pour estimer la valeur d’un bien ?
Jusqu’où peut aller la transparence des données pour estimer la valeur d’un bien ? © Getty / Westend61

Chaque bien est unique mais il existe des indicateurs qui permettent d’avoir des références et des tendances. Il y a des données publiques institutionnelles tout d’abord. Les notaires de France donnent régulièrement à travers les actes de ventes, l’évolution des prix dans les villes et les quartiers. 

Et puis il y a le site de la base "Demande de valeur foncière" (DVF) qui est en libre accès. C’est l’ensemble des informations détenues par l'administration fiscale en matière de prix de vente d’un bien immobilier. Il y a une carte de France et l’on peut zoomer sur un quartier ou une rue. Il est donc possible de voir précisément quelle maison ou quel appartement ont été vendus et à quel prix, ces 5 dernières années, dans un secteur donné. On a la période de la transaction, le nombre de pièces, la surface, etc. C’est en totale transparence et c’est intéressant pour se faire une idée. 

Et quelles sont les données privées qui permettent de se renseigner, de comparer sur les prix ? 

Il y a les traditionnels réseaux professionnels qui informent et proposent des estimations. Il y a un site qui donne en temps réel et gratuitement l’évolution des biens qui se trouvent sur les portails immobiliers. C’est un historique et un suivi des annonces. Il est possible de voir à quelle date l’annonce d’un bien a été mis en ligne et quand son prix, par exemple, est proposé à la baisse. Le site s’appelle Castorus et il est consultable par tous. La réactivité des données immobilières devient un enjeu majeur.

Autre enjeu en matière de transparence, la valeur verte des logements ? 

La performance énergétique, l’impact environnemental prennent de plus en plus d’importance. Les biens les plus énergivores, les passoires thermiques seront progressivement retirées du marché de la location. On aura donc besoin, de données de plus en plus fiables dans le domaine. Comme le facteur de la luminosité que développe déjà la start-up Solen.  

D’autres données prendront de la valeur : le sujet partie communes en copropriété, pour mieux estimer le coût des travaux d’un immeuble.  Il y aussi toutes les données autour d’un bien – l’environnement, la proximité des écoles, des commerces et des transports.  

Et puis les plans locaux d’urbanisme devront délivrer aussi des informations sur - par exemple -  l’implantation d’une future bouche de métro, ou des programmes résidentiels à venir.  Beaucoup de données qui manquent ou qui sont éparpillées. 

Pour Robin Rivaton, fondateur de Real Estech, auteur du livre "L’immobilier demain", ce sera l’un des défis majeurs à relever :  

Je suis partisan d’une maquette numérique, qui permette de voir en temps réel pour les citoyens, les autorisations de permis de construire et d’aménagement qui ont été délivrés et qui permettent de voir la modification in concreto de la ville dans les années à venir. Pour créer un tel modèle, il faudrait dématérialiser les procédures d’urbanisme, ce que l’on a commencé à faire mais très timidement. Cet outil existe à Londres, à Singapour…il existe dans un certain nombre de grandes métropoles mondiales. - Robin Rivaton

En attendant d’avoir l'usage de ce type d’outil bien utile ou qu’un portail regroupe et propose un jour, toutes ces informations en temps réel, si avoir le maximum de données permet toujours de gagner du temps, rien ne remplace, pour visiter un bien, l’émotion de se rendre sur place. Et ça déjà… ça n’a pas de prix.  

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