Imaginez une maison fabriquée en 3 dimensions grâce à une imprimante géante. A partir d’une maquette numérique. Ca existe déjà. Vous avez peut-être déjà vu des images. Les possibilités sont immenses.

Construction et présentation d'une des premières maison imprimée en 3D, ici en République Tchèque
Construction et présentation d'une des premières maison imprimée en 3D, ici en République Tchèque © AFP / Oleg Smyslov / Sputnik

Le procédé paraît simple

Après avoir pris connaissance sur ordinateur des plans établis pour la maison, un bras comme un robot se charge de sa construction. Il déverse par exemple du béton. Le bras-robot est capable de guider la buse de travail – la tête d’impression – avec une extraordinaire précision. Au millimètre près, pour que la matière soit disposée exactement là où il faut. Couche après couche, jusqu’à obtenir la parfaite réplique du design original.

Quels sont objectifs ? 

L’objectif est de construire plus vite, de réduire coûts et la main d'œuvre. Augmenter la cadence de fabrication et diminuer le gaspillage de matières première. Les nouvelles technologies au service de l’habitat. On peut construire plus écologique. On se dit que qu’un peu partout dans le monde, les maisons imprimées en 3D pourraient bien constituer le logement de demain pour de nombreux habitants, notamment les plus défavorisés.

Concrètement, où en sont les développements ?

Avec le soutien d’une ONG, un petit village de maisons 3D vient de sortir de terre à Mexico. 

En République Tchèque, dernièrement, une maison flottante a été construite – sur un ponton en bordure de fleuve -  en seulement 2 jours par une imprimante 3D. 

En France à Nantes, dans le quartier de la Bottière, la maison baptisée Yhnova, pour du logement social, a été imprimée sur place en quelques jours. Sa surface est de 95 m2. Elle comprend 5 pièces. A l’origine, Batiprint 3 D, l’Université de Nantes. Projet porté par des architectes, des professionnels de la robotique et des chercheurs en sciences des matériaux.

Près de Valenciennes, une maison pilotée par ordinateur est sortie de terre en l’espace de 24 heures. Bras télescopique pour couler le béton. Isolant naturel incorporé. Cette maison témoin de 54 m2 est située à Bruay-sur-l’Escaut. C’est la première du siège de la société Constructions – 3D qui va construire le plus grand bâtiment imprimé en 3 D d’Europe. La start-up propose son savoir-faire et fournit des imprimantes géantes 3D sur les chantiers. 

Ces imprimantes nouvelle génération possèdent une zone d’impression qui peut s’étendre jusqu’à 265 m2 et 10 mètres de hauteur.

Il y a aussi une filiale de Saint Gobain, qui mène avec des hollandais, le projet Milestone. Là, les bras robotisés impriment des éléments de chaque maison en atelier. Ils sont ensuite transportés par la route jusqu’à leur site d’implantation afin d’y être ensuite assemblés.

C’est l’avenir, mais y-a-t-il des freins ?

Oui c’est l’avenir mais certains professionnels ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de ces nouvelles technologies qui empiètent dans leur zone de confort. Avec leurs matériaux, leurs prestataires, les artisans, leur main d’œuvre... Le risque pour eux est que cela modifie durablement l'industrie de la construction. Autre frein au développement en Europe en tout cas : les réglementations de la construction de l’habitat. L’impression 3D n’y répond pas encore pleinement. C’est encore compliqué.

En dehors d’expériences menées ici où là, ou en complément des techniques traditionnelles, il faudrait une véritable volonté politique pour que ce soit mené à grande échelle ce type de réalisations. 

Produire rapidement des maisons à petits prix, peut répondre à des solutions d’urgence et être l’une des clés pour lutter contre le mal logement. En tous les cas, imprimer une maison en 24 heures, est bel et bien dans le champ des possibles.

Pour aller plus loin 

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