Dans un contexte de crise sanitaire et économique, de nombreuses entreprises doivent se réinventer. Au-delà de la pérennité de l’activité, qui est essentielle, il y a cette question légitime : à quoi ressembleront les bureaux de demain ?

À quoi ressembleront les bureaux de demain dans nos villes ?
À quoi ressembleront les bureaux de demain dans nos villes ? © Getty / Carlina Teteris

C’est un véritable casse-tête. Entre la distanciation sociale, le télétravail, les visioconférences... c’est tout le monde du travail qui doit se réinventer. Tout d’abord, se pose la question sur l’impact du télétravail sur la surface nécessaire, le nombre de mètres carrés dont les entreprises ont besoin.

Une chose est sûre :  Le télétravail diminue les surfaces utiles pour travailler, puisque les gens travaillent en partie de chez eux. Ce qui est difficile à prévoir, c’est l’effet à long terme de la généralisation du télétravail et la mise en place pérenne des mesures sanitaires.

Poursuivre la rotation de 2 à 3 jours de télétravail et de présentiel, ça laisse beaucoup de place vide dans les bureaux.

Travailler en home office, à domicile, tout le temps, en dehors des périodes de confinement... Pourquoi pas ?  Encore faut-il avoir le logement qui le permette. Il faut que l’entreprise verse une participation au collaborateur : connexion internet, frais, installation… Ça peut varier du simple au triple. 

Alors, à quoi, l’évolution du marché de bureaux va-t-elle être conditionnée ? 

  • Economique tout d’abord.

La condition c’est l’évolution des valeurs locatives. C’est-à-dire les prix auxquels les entreprises louent leurs locaux, s’ils n’en sont pas propriétaires.   Des bureaux, ça coûte cher et plus la crise économique se prolonge, plus les difficultés apparaissent. Ce qui veut dire à terme, si les prix ne baissent pas, que le risque est de voir les entreprises, quitter des bâtiments ou de grands sièges sociaux où elles étaient implantées.  

  • Sanitaire ensuite

Lorsque l'on interroge les salariés sur la façon dont ils ont envie de travailler, les grands espaces, les open space n’ont plus vraiment la cote. Cette façon de faire travailler ensemble les gens durant de longues années, semble aujourd’hui dépassée. Et provoque même une certaine inquiétude. 

Le bureau de demain est à réinventer comme l’anticipe le directeur immobilier Réseaux France de la Société Générale, Eric Groven 

Une façon assez simple de l’imaginer serait un mix entre le télétravail, le bureau traditionnel et des tiers lieux qui éviteront aux salariés d’être totalement isolés quand ils travaillent de chez eux sans devoir nécessairement revenir dans des immeubles très importants. Et là, on peut imaginer des espaces plus petits, mieux protégés dans lesquels les salariés se rendraient de façon intermittente. A mi-chemin, en quelque sorte entre le bureau classique et le télétravail chez soi. - Eric Groven

Ces tiers lieux ce sont les espaces de co living, de co working, qui sont amenés à se développer. Où l’on peut venir télétravailler quelques heures, une demi-journée ou quelques jours par semaine et partager des services communs avec d’autres personnes de différentes sociétés.  Idéalement, non loin de son domicile.

Selon le recensement de la Mission Coworking, on dénombre aujourd’hui près de 1 800 tiers lieux dont 80 % hors Ile-de-France. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, près de la moitié sont situés en dehors des métropoles

Avec le développement de ces tiers lieux, nouveaux modes d’habitation et de travail en même temps, on ne va plus construire demain les mêmes espaces urbains ? 

C’est tout un logiciel de pensée qui est à revoir. Les futurs espaces urbains seront mixtes. On peut imaginer que demain, ce que l’on appelle les quartiers d’affaires accueilleront des familles, des entreprises, des salariés... Au sein d’un même bâtiment, la présence de bureaux et de logements. 

En attendant, si réinventer le bureau de demain prendra du temps, on s’oriente - à priori - vers l’émergence de bureaux décentralisés, où l’on peut travailler près de chez soi. Economiques et sanitaires, les enjeux sont clairs : avoir des effets positifs sur la qualité de vie et trouver le juste équilibre entre la vie professionnelle et privée.

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