Ce matin nous recevons l'auteur, comédien, metteur en scène et animateur de radio Edouard Baer pour son livre tiré de la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce", paru aux éditions du Seuil.

Edouard Baer en 2019 à Cannes
Edouard Baer en 2019 à Cannes © Getty / Toni Anne Barson/FilmMagic

La bande : Leïla Kaddour-Boudadi, Daniel Morin, Tanguy Pastureau, Morgane Cadignan et Guillermo Guiz !

Il y a un an, Edouard Baer jouait "Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce" au Théâtre Antoine, une introspection publique dans laquelle, seul sur scène, il rendait hommage à ses maîtres. Aujourd'hui, il vient nous présenter le livre "Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce" tiré de cette pièce, qui vient de paraître aux éditions du Seuil.

Dans un théâtre, soudain un homme surgit. Qui est à ses trousses ? Y a-t-il vraiment une menace ? Il pourrait faire marche arrière, retourner à sa vie. Il est encore temps. Au cours de ce moment suspendu où tout pourrait basculer, il se prend à imaginer d'autres vies... De grands destins. Qu'auraient fait André Malraux, Charles Bukowski, Romain Gary s'ils avaient été à sa place ?

+ Kevin Chassangre : psychologue clinicien et auteur de Cessez de vous déprécier! Se libérer du Syndrome de l'Imposture aux éditions Dunod.

Extraits de l'émission : 

A propos de la situation des théâtres et de la scène culturelle

Edouard Baer : "Je ne la distingue pas du reste. C'est juste sur l'espace public. On ne peut pas continuer à enlever l'espace public aux gens. Ça m'a l'air plus important de maintenir la rue et que les gens se croisent physiquement." 

Edouard Baer rebondit sur la chronique de Guillermo Guiz.

"Ça me touche ce que vous disiez sur la vulnérabilité ou le craquage. Je pense que quand les gens admettent qu'ils sont vulnérables, on les entend beaucoup mieux. Et ce que je trouve très pénible dans le discours politique, c'est de faire semblant. Il y a un très beau texte de Jean-Claude Carrière qui vient de mourir là dessus, où il dit que "le spectacle des gens qui se disent invulnérables est insupportable". Ça ne veut pas dire la faiblesse. La vulnérabilité, c'est admettre une part de fragilité. Je me rappellerai toujours quand j'étais gamin, la seule fois où on a cru que les hommes politiques étaient humains, c'est après la défaite de la gauche, en 78, Michel Rocard avait pleuré. Il avait dit "on a perdu". Je ne comprends pas que les gens n'aient pas pris de leçons depuis 40 ans, et continuent à dire "On a gagné" après les élections. Alors que "On a perdu" ça veut dire "On va faire autre chose" ou "On va faire mieux". Je trouve que c'est très important dans le débat public de nous dire "Voilà, on est humain, on est comme vous, on regarde les chiffres le matin, on réagit au mieux de ce qu'on croit être. On ne cherche pas à s'en foutre plein les fouilles ou à juste être juste réélu". 

Nagui : La fuite, c'est le point de départ de ces élucubrations. Cet acteur fuit. Est-ce qu'il y a une menace ? Est-ce que c'est lui-même qui se fuit ? Quel a été votre point de départ ? 

"Mon point de départ, c'est tous les moments dans la vie où c'est trop. Je pensais même à des hommes politiques au tout début. J'avais imaginé ou Macron avant sa rencontre avec les maires ou Mélenchon avant un truc important, c'est qu'à un moment, c'est trop. Quand on sent que tout va se jouer sur un rendez-vous. C'est la tentation de la fuite et c'est aussi ça qui fait notre liberté. La fuite ça peut être la fuite extrême, le suicide jusqu'à laisser les gens. Il y a une chanson de Reggiani où il descend chercher des allumettes. Il disparaît 40 ans. Il revient quarante ans après, il dit : "Je les ai trouvées dans le Massachusetts".... 

Il y a plein de fuites, la tentation d'arrêter, de démissionner, de ne pas rentrer chez soi. Ce n'est pas une vraie fuite, mais une absence. C'est le corps qui n'y retourne pas. Moi, ça m'intéresse bien les moments dans la vie où la machine se grippe." 

Quelle est la nuance entre la fuite et la lâcheté ? 

"Souvent, la lâcheté, c'est de rester. La lâcheté, c'est pas que de s'enfuir. Parce qu'on reste par facilité. On reste parce que c'est comme ça. C'est courageux parfois de s'enfuir." 

La bande originale d'Edouard Baer

  • En 2008, Edouard Baer écoutait "Vous avez l'heure" de Louise Attaque.

"Cette chanson est un peu surréaliste. Il y a un mystère. C'est le portrait d'un personnage. On sent que c'est un type entre deux. On sait pas si c'est un clochard. Il y a une atmosphère. J'aime bien quand il y a des mystères, quand tout, quand tout n'est pas dit. Cette chanson, elle est vraiment mystérieuse. "

  • En 2013, Edouard Baer écoutait "Pauvres Diables (vous les femmes)" d'Arno.

"Je suis un fou d'Arno. Je trouve que c'est un des plus grands interprètes actuels. On a envie qu'il reprenne toutes les chansons."

  • En 2017, Edouard Baer écoutait "Ouvert la Nuit" d'Alain Souchon.

"Souchon avait accepté de faire la musique du générique parce qu'il n'avait pas accepté depuis une chanson que j'avais adorée et qu'il avait faite pour Truffaut, c'était de l'amour en fuite. J'adore quand Souchon, avec des mots très simples fait des images dingues. J'adore la phrase. 

On se demande ce que l'on devient, ce qu'on va faire avec le jour qui vient. 

C'est fou de se lever en ce disant 'qu'est-ce que je vais faire de cette journée'. Il raconte des émotions incroyables dans des phrases toutes simples. C'est un génie."

  • En 2019, Edouard Baer écoutait "Far l'amore" de Bob Sinclar feat Raffaella Cara (" (BO La Grande Belleza de Paolo Sorrentino)

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