Ce matin, la Bande Originale est une bande triste qui souhaite rendre hommage au comédien, scénariste et dramaturge Jean-Pierre Bacri qui nous a quittés lundi 18 janvier.

Jean-Pierre Bacri en mai 2006 à Cannes
Jean-Pierre Bacri en mai 2006 à Cannes © Maxppp / GREGORY BOISSY/IP3

"Jean-Pierre Bacri est venu cinq fois dans l'émission, que ce soit en duo ou en solo... Pour du théâtre ou du cinéma. Pour des gros films, comme des projets plus indépendants. Il sabotait avec humour toutes les tentatives de l'équipe de résumer les films qu’il venait défendre…

Bon camarade, il se marrait en écoutant des chroniqueurs parfois terrifiés de passer devant le maître. Et il prenait aussi beaucoup de temps pour proposer des Bandes Originales toujours très réfléchies. 

Les souvenirs qu’il nous laisse et l’admiration que l’on a pour lui sont infinis.

Merci pour tout Monsieur Bacri !

Chouchou de la Bande Originale, le comédien et scénariste évoque son métier d’acteur, l’écriture, ses rencontres, sa conception de la vie. Sans concession mais toujours "prêt à se marrer", Jean-Pierre Bacri a laissé un souvenir attendri à l'équipe. Nagui lui rend hommage en proposant la réécoute d’instants choisis.

Les acteurs ont tendance à jouer des imbéciles en caricaturant les personnages, comme pour souligner leur éloignement vis à vis des cons, pas moi. 

Jeunesse

"Je suis né en Algérie en 1951, j'en suis parti à 10 ans et n’y suis jamais retourné, j’en garde très peu d’images. Je ne suis pas un mec nostalgique, je ne me retourne pas sur mon passé en me disant c’était le bon temps, je m’en fous."  

Jean-Pierre Bacri co-auteur à succès avec Agnès Jaoui

J’ai jamais pu m’empêcher d’essayer d'être drôle en écrivant !

Eternels complices
Eternels complices © Maxppp / Stephane Lartigue

A ses débuts, Bacri prête sa plume à une agence de pub mais il prend rapidement la tangente. C’est sa rencontre avec Agnès Jaoui en 1987 qui fait office de "déclic". Ensemble ils écrivent 2 pièces et 8 films et forment un infatigable duo, lié par une complicité de regard, d’humour et de valeurs. 

Smoking No smoking, Un air de famille, On connait la chanson, Le goût des autres obtiendront le César du meilleur scénario.

Une de mes références, c’était Gotlib, j’ai adoré cet auteur. Il castagnait toutes les grosses institutions…

Jean-Pierre Bacri : "L’écriture réserve des surprises, on croit partir sur un sujet et on se fait happer par autre chose qui surgit"

Esprit Libre 

J’ai toujours choisi mes films.

Cette liberté chèrement défendue, c’était une manière de vivre. "Vous n’avez qu’à regarder mon trousseau de clefs, ça résume ma vie, je n’ai pas de voiture, juste la clé de mon appartement et de ma boite aux lettres… je ne veux pas de contraintes, je ne suis pas un aventurier mais un gars casanier. mes amis, mon chez-moi, ça me suffit, j’ai fait ma vie autour de ça. »

Lucide sur la fragilité de son statut, l’acteur savait que le vent pouvait tourner à tout moment.

Après le succès d’Un air de famille, j’ai épargné l’argent gagné et je n’ai pas eu tort, ça m’a évité de tourner des pubs et des trucs merdiques… Si je ne travaille pas deux ans tant pis, mais je veux pouvoir continuer à choisir mes films. 

  • Un air de famille (1996) a été réalisé par Cédric Klapisch d’après la pièce de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui.

L’acteur y est inoubliable et attendrissant en patron de café meurtri par le départ de sa femme Arlette…

Son rapport aux critiques, la vanité du métier

"Je ne permets pas à des crétins qui ne me connaissent pas de se défouler sur facebook en sortant une phrase de son contexte… "

Césarisé pour son rôle de dépressif dans On connait la chanson d’Alain Resnais (meilleur second rôle), il fut plusieurs fois nommé pour le César du meilleur acteur sans l’obtenir.

"Habitué de ces cérémonies vous vivez ça comment ? " l’interroge Nagui

Les distinctions sont faites pour les films qui peinent à trouver leur public, les Césars c’est un vote de la profession, en toute franchise je m’en tape totalement. 

"Il faut se méfier de la vanité, sur le moment on se prend pour un calife et le lendemain, ça retombe."

Quelques films clés évoqués dans la Bande originale

  • Place publique (2018) réalisé par Agnès Jaoui
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Bacri incarne Castro, une star du petit écran sur le déclin qui se rend à la pendaison de crémaillère de sa productrice (Léa Drucker). Là, il croise un jeune youtubeur au sommet de sa gloire et son ex-femme (Agnès Jaoui) avec qui les échanges sont houleux…

Complices de toujours, Jaoui et Bacri, souvent désignés comme les "Jabac" ou les  "Jacri", se rencontrent dans une pièce d'Harold Pinter. S’ensuit une longue histoire d’amour, d’amitié et de collaboration artistique qui résiste à leur séparation amoureuse. Place publique est leur dernier film ensemble. 

  • Le sens de la fête (2017) écrit et réalisé par Éric Toledano et Olivier Nakache

Jean-Pierre Bacri campe Max, un traiteur plus tout jeune chargé d’organiser un mariage en grande pompe dans un château du 17ème siècle, la loi des séries va bousculer ses plans. A ses côtés : Jean-Paul Rouve, Judith Chemla, Vincent Macaigne, Suzanne Clément, Antoine Chappey, Gilles Lellouche, Benjamin Lavernhe…

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L’idée était d’éviter les clichés : un patron n’est pas forcément un con notoire… lls sont forts sur ce point Nakache et Toledano

"J’ai beaucoup ri à la lecture de leur scénario" confie l’acteur qui leur a donné un petit coup de main sur l’écriture.  "Ils travaillaient depuis deux ans sur le scénario, or quand on écrit, arrive un moment où l’on a le nez dans le guidon et l’on finit par perdre un peu de sa lucidité… un œil neuf ça aide."

  • Mes meilleurs copains (1989) de Jean-Marie Poiré 

L’histoire d’un groupe d’amis ex-hippies que l’on voit évoluer sur une vingtaine d’années. Avec Gérard Lanvin, Christian Clavier, Philippe Khorsand, Jean-Pierre Daroussin… Bacri y joue Guido, un homosexuel publicitaire et abstinent. 

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Le tournage n’était pas simple, on ne s’entendait pas avec le réalisateur, je l’ai vécu très difficilement. Aujourd’hui je suis content de l’avoir tourné. Jean-Marie Poiré est un mec intéressant qui a du fond, et c’est son meilleur film.

  • Cuisine et dépendances (1993) réalisé par Philippe Muyl

Le film est adapté de la pièce de théâtre co-écrite par le duo Bacri-Jaoui (lui aux dialogues, elle à la structure narrative). Ils sont accompagnés de Zabou Breitman, Sam Karmann et Jean-Pierre Darroussin.

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Un couple de bourgeois ordinaires invite à dîner des amis dont un journaliste à succès, perdu de vue depuis dix ans. Le film se situe entièrement dans la cuisine, qui fait office de coulisses où les convives débriefent.

Avec Agnès, on voulait cartonner les stars de la tv, ces espèces de mythes qui suscitent des admirations qui vont jusqu’à la servilité. 

  • La cité de la peur (1993) de Alain Berberian

Avec Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia

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"J'ai connu Les Nuls en étant invité sur leur plateau et on est devenus copains. Chabat est un ami, je lui dois de m’avoir fait découvrir le rap ! " 

  • Subway  (1985) de Luc Besson
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Bacri confiait attendre un beau rôle d’inspecteur dans sa maturité, il en avait joué un, beaucoup plus jeune… celui de l'inspecteur Batman chargé de faire respecter l’ordre dans le métro parisien.

D’autres films évoqués au fil de cet hommage sont à voir ou revoir dont la comédie tendre Photos de famille de Cécilia Rouaud avec Camille Cottin, Vanessa Paradis, Pierre Delalonchamps et Chantal Lauby. Et Grand froid de Gérard Pautonnier avec Olivier Gourmet.

►► Retrouvez la Bande Originale sur notre page Facebook et sur notre compte Instagram avec toutes les photos et informations des émissions ! 

Aller plus loin

🎧 ECOUTER Boomerang avec J.P. Bacri (2015)

🎧 ECOUTER L'hommage de Popopop à Jean-Pierre Bacri 

🎧 ECOUTER La chronique de Christine Gonzales : L'au-delà accueille Bacri 

🎧 ECOUTER La lettre de Guillemette Odicino à J.P. Bacri (à 47'22)

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L'équipe