Entretien avec le Président Tunisien MONCEF MARZOUKI

Du printemps arabe à l'hiver islamiste. Il a fallu peu de temps pour que l'enthousiasme délirant de nos grands médias pour "la révolution de jasmin" retombe dans le rejet de l'hiver islamiste. Des burqas sur le printemps et des barbus dans le jasmin, nos islamophobes pouvaient continuer leur croisade.

Moncef Marzouki, Tunis, 2012
Moncef Marzouki, Tunis, 2012 © / Erin A. Kirk-Cuomo
Alors que la Tunisie se recueillait toute entière bouleversée par l'assassinat du leader d'extrême gauche Chokri Belaïd, un leader de la gauche française Monsieur Manuel Valls, ministre de l'Intérieur dénonçait "un fascisme islamiste qui monte un peu partout" . En France le vieux disque rayé de l'anticommunisme a été recyclé en un logiciel de l'anti-islamisme. Aujourd'hui nous tentons de mettre quelques grains de sable dans cette machine bien huilée. Ex dissident devenu Président de l'Etat tunisien en transition, Moncef Marzouki assume une alliance difficile avec les islamistes du parti Ennahda. Mais ce n'est pas la seule tension ni le seul défi dans cette Tunisie qui s'est remise en marche. L'énorme appareil du système Ben Ali est loin d'être démantelé. A gauche, le Front Populaire gagne en influence ainsi que le puissant syndicat UGTT. Mais quels compromis pour réussir ? Car ce printemps est avant tout une révolution sociale. L'emploi, le niveau de vie, les inégalités. Le temps presse, le chaos n'est pas loin, le FMI s'apprête à imposer ses conditions. Il faut tout faire à la fois, sans chemin tracé, sans modèle tout prêt. Hésitant, enthousiasmant, décourageant, tâtonnant, c'est un long processus, c'est l'invention d'une démocratie. Entretien Daniel Mermet. ### Programmation musicale : - Emel Malthlouthi : "Ya tounes, ya meskina"
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