Jean-Pierre Gaillard
Jean-Pierre Gaillard © Radio France

La « nouvelle gauche » devient « moderne ». En clair, elle reprend les idées de « la vieille droite ». Impensable ?

Peut-être, mais pas autant que le projet de la « nouvelle droite », inspirée, toujours, par les « pays qui gagnent », les États-Unis et le Royaume-Uni : « mettre la barre à droite ». Pour beaucoup, cela tient de la gageure, mais le gouvernement Chirac saurait montrer qu’en termes de « libéralisme », l’impensable est à sa portée.

Reste à rallier « le peuple » aux nouvelles valeurs : après « la morale » et « l’éthique » de SOS Racisme, voici celle de l’argent. L’argent qui libère, l’argent qu’il faut protéger de ses « ennemis », l’argent, comme ultime lien social. Alors on devient « actionnaire » comme on était « citoyen ». On participe à la « vie de l’entreprise » comme on s’impliquait dans celle de la « Cité ». L’argent sépare le bon grain de l’ivraie, les « gagnants » des « perdants », ceux qui prennent des risques, de ceux qui s’attachent à leurs « privilèges ».

Quelques années plus tard, pourtant – alors que l’économie « libéralisée » renouera avec les accros oubliés du capitalisme dérégulé –, les cracks boursiers ne manqueront pas de grossir les rangs des « perdants » ... y compris dans les rangs des « boursicoteurs modernes ».

Une nouvelle diffusion d'une émission préparée par Renaud Lambert

Programmation musicale

  • Da da da , par Trio__- Mala Vida , parLa Mano Negra - Beds Are Burning , par Midnight Oil -Where Is My Mind , par The Pixies

À lire

-La décennie : le grand cauchemar des années 1980 , de François Cusset (2009, éditions La Découverte)

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