La « nouvelle gauche » devient « moderne ». En clair, elle reprend les idées de « la vieille droite ». Impensable ? Peut-être, mais pas autant que le projet de la « nouvelle droite », inspirée, toujours, par les « pays qui gagnent », les Etats-Unis et le Royaume-Uni : « mettre la barre à droite ». Pour beaucoup, cela tient de la gageure, mais le gouvernement Chirac saurait montrer qu’en termes de « libéralisme », l’impensable est à sa portée. Reste à rallier « le peuple » aux nouvelles valeurs : après « la morale » et « l’éthique » de SOS Racisme, voici celle de l’argent. L’argent qui libère, l’argent qu’il faut protéger de ses « ennemis », l’argent, comme ultime lien social. Alors l’on devient « actionnaire » comme on était « citoyen ». L’on participe à la « vie de l’entreprise » comme on s’impliquait dans celle de la « Cité ». L’argent sépare le bon grain de l’ivraie, les « gagnants » des « perdants », ceux qui prennent des risques, de ceux qui s’attachent à leurs « privilèges ». Quelques années plus tard, pourtant - alors que l’économie « libéralisée » renouera avec les accros oubliés du capitalisme dérégulé -, les cracks boursiers ne manqueront pas de grossir les rangs des « perdants »... y compris dans les rangs des « boursicoteurs modernes ».

Nouvelle version d'une émission prépaprée par Renaud Lambert, diffusée le 12 avril 2007.

Programmation musicale :

  • Code APE : "Il danse avec les milliards"

  • DJ Shadow : "Une autre introduction"

  • Renaud : "Putain de camion"

  • Run DMC et Aerosmith : "Walk this way"

  • Sonata Artica : "Paid in full"
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