"La Rose du Hudson Queen", de Jacob Wegelius est un formidable roman d’aventures, jubilatoire et palpitant… raconté par un gorille femelle au pied marin ! « Une nouvelle aventure de Sally Jones » : c'est un tome 2, mais pas de panique, c’est une histoire indépendante !

Détail de la couverture de "La Rose du Hudson Queen", de Jacob Wegelius
Détail de la couverture de "La Rose du Hudson Queen", de Jacob Wegelius © Editions Thierry Magnier

Un deuxième tome à la hauteur du premier volet, qui avait raflé le prix Sorcière à sa sortie (décerné par une association de librairies jeunesse)0

Sally Jones est un gorille qui sait tout faire, ou presque ! 

Elle ne parle pas, mais elle sait lire, et écrire. Car oui, c’est bien elle qui nous raconte son histoire, à l’aide de sa machine à écrire, une vieille Underwood n°5. 

Extrait : 

J’ai passé pratiquement toute ma vie parmi les hommes et selon leurs conditions. Je ne suis plus un simple animal. Mais je ne suis pas non plus un être humain. Alors que suis-je ? Je ne le sais pas très bien moi-même. La seule chose dont je suis certaine, c’est que je suis l’amie de mes amis. Et cela me suffit.

Vous verrez, son intelligence et sa sensibilité sont désarmantes. Très vite, on perçoit chez elle la sagesse de ceux qui n’ont pas eu une vie facile. Elle en a tiré un petit fond de mélancolie, une bonté inconditionnelle et une sympathie viscérale pour ceux qu’on humilie et qu’on délaisse.

Nous sommes à Lisbonne, au milieu des années 1920. Sally Jones est mécanicienne et elle vit sur un bateau, un petit cargo à charbon nommé Hudson Queen

Son propriétaire, Henry Koskela, est un marin hors pair. Elle l’appelle le « Chef », mais "meilleur ami" serait plus juste. Les deux se sont prouvés maintes fois leur loyauté par le passé, en affrontant ensemble pas mal de tempêtes. 

Enfin, pour l’instant, plus question de repartir en mer : le Hudson Queen est dans un sale état. Et c’est précisément en réparant leur bateau, qu’ils vont faire une découverte stupéfiante !

Caché dans la roue du navire, derrière une plaque en cuivre :  un sublime collier de perles, avec un pendentif de nacre en forme de rose…

Et selon le Chef, cela ne présage rien de bon :

D’après ce que j’ai entendu dire, les trésors trouvés apportent généralement des complications et du malheur. Il aurait mieux valu pour nous que le collier reste dans sa cachette. 

Alors, à qui appartient ce précieux bijou ? Comment s’est-il retrouvé là, caché dans leur bateau, peut-être depuis des années ? 

Toutes les pistes de leur enquête semblent converger à Glasgow, là où le Hudson Queen a été construit. Et c’est évidemment par la mer qu’ils décident de s’y rendre…

En arrivant en Ecosse, ils vont trouver quelques réponses mais surtout un paquet d’ennuis ! Odeur de goudron, brouillard poisseux, de la danse et des bagarres : pas de doute, on est bien à Glasgow ! C’est dans ce décor de docks enfumés que Sally Jones et le Chef poursuivent leurs recherches et vont rencontrer des durs à cuire de tout poil.

Un gorille et un précieux collier de perles fraîchement débarqués en ville : la nouvelle arrive très vite aux oreilles de l’impitoyable Moira Grey. Du haut de ses talons qui claquent comme des coups de revolver, elle dirige d’une main de fer une organisation criminelle… Et je peux vous dire qu’elle compte bien mettre la main sur le magot !

En plus d’être un fabuleux conteur, Jacob Wegelius a aussi un sacré coup de crayon ! 

Les premières pages dévoilent une série de portraits en noir et blanc qui présentent les personnages du roman, par ordre d’apparition. Exactement comme une bande annonce. 

Bernie par exemple, c’est l’un des gangsters de l’histoire : imaginez une armoire à glace au visage de brute épaisse, mais avec le regard d’un petit garçon triste. 

Ou, un peu plus loin, le portrait glaçant de Razor Queen : elle a une allure de poupée de porcelaine avec ses grands yeux qui vous fixent… et dans sa main un rasoir, prêt à trancher n’importe quel malchanceux qui croisera sa route en pleine nuit !

Cette galerie de trombines atypiques possède la grande force expressive des films muets, et surtout donne un bon aperçu de la richesse des personnages, tous plus romanesques et passionnants les uns que les autres…

Un livre de presque 500 pages ! Et le premier tome en faisait 800 ! Mais croyez-moi, le temps s’arrête totalement lorsqu’on se plonge dans ce roman. C’est un imaginaire bouillonnant mais l’intrigue est rigoureusement construite. On est suspendu aux multiples rebondissements, ballotté au gré des révélations, exactement comme Sally Jones qui ne sait jamais de quoi son lendemain sera fait ! 

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