"Angie !" est une comédie policière confinée ! Au générique, on trouvera un grand truand de flic, des méchants narcotrafiquants, une jeune ado très futée, Angie et sa mère, Emma Tourniquet, une infirmière au grand cœur.

"Angie !", de Marie-Aude et Lorris Murail. Détail de la couverture
"Angie !", de Marie-Aude et Lorris Murail. Détail de la couverture © L'Ecole des Loisirs

Angie et sa mère vivent toutes les deux dans un petit appartement, non loin du port du Havre, dans un quartier « difficile » comme on dit. Angie n'a jamais connu son père. Elle sait peu de choses sur lui.  Voilà ce que sa mère lui a raconté : 

Angie était sa chanson préférée. C’était un beau garçon, et je l’aimais beaucoup. On s’est fâchés parce qu’il avait une autre petite amie et il me l’avait caché. Puis il est mort dans un accident.

On oublie tout de suite les pleurnicheries de Mick Jagger : aucun pathos dans cette histoire, bien au contraire ! Angie a 11 ans et demi, elle est vive, rigolote, bien dans ses baskets, et en plus d’être une indécrottable fouineuse, elle est hypermnésique !

Angie semble avoir toutes les qualités requises pour être une excellente enquêtrice !

Et ça tombe très bien, parce que son voisin, Augustin Maupetit, est flic à la brigade des Stup.  Mais à la suite d’une filature qui tourne mal, Augustin se retrouve en fauteuil roulant. C’est temporaire, il va s’en remettre, mais en attendant Augustin est coincé chez lui. Et c’est grâce à Capitaine, son chien policier au flair infaillible, que ce flic taciturne va recevoir la visite de plus en plus régulière d’Angie, sa petite voisine sans-gêne, un peu kleptomane, mais drôlement sympathique.

Sur quelle affaire vont-ils travailler ?

Juste avant son accident, Augustin a contribué à une impressionnante saisie de cocaïne, cachée dans un container de café venu de Colombie. Quelques jours plus tard, un jeune caïd du quartier est retrouvé mort dans les eaux du port. Pour Augustin, hors de question d’abandonner l’enquête. Alors quelques antidouleurs et un verre de vodka plus tard, il décide de pirater les caméras de surveillance de la ville.

Cette affaire démarre en mars 2020, rappelez-vous, au moment où notre quotidien bascule dans la bizarrerie du confinement et l’étrangeté de ce qu’on appelle « gestes barrières »…

C'est donc une enquête confinée, la tâche ne va pas être simple ! 

D'autant plus que les habitants du pays de Caux ne sont pas très bavards… Mais le trio de choc va être assisté des plus fins limiers de la ville : la commissaire Alice Verne, sans oublier l’extravagante Thérèse et son pendule qui ne dit pas que des âneries !

Toutes les pistes semblent converger vers la famille Sitbon, de richissimes négociants de café. Parce que chez les Sitbon, il y a beaucoup trop de morts accidentelles :

  • Le grand-père, d’abord, tombé dans les escaliers douze ans auparavant. 
  • Et puis Xavier, le petit-fils, disparu dans une explosion de bateau.

Reste donc Yoann, Yoann Sitbon, frère jumeau de Xavier, en charge de diriger l’entreprise familiale. Mais dans les faits, Yoann préfère brûler son héritage sur le tapis vert des casinos…

Marie-Aude Murail réussit à aborder des sujets pas toujours très drôles avec une espièglerie qui fait beaucoup de bien

Les auteurs revisitent avec humour et intelligence les séries policières télévisées et leurs intrigues parfois alambiquées. Et c’est d’ailleurs par l’écran interposé des vidéosurveillances que vont se jouer des scènes cruciales de l’enquête. Et comme tout bon confiné, notre trio est scotché devant les écrans, complètement accros aux nombreux rebondissements de l’affaire. Exactement comme nous, sauf que c’est cet excellent roman qui en est responsable !

C'est un roman à quatre mains, Marie-Aude Murail a collaboré avec son frère Lorris. Et sa sœur, Moka, est elle aussi autrice. Une sacrée famille d’écrivains !
Leur talent se vérifie à chaque roman ! Marie-Aude Murail a écrit plus de 80 livres pour la jeunesse, on connaît son engagement auprès de ses jeunes lecteurs et le grand respect qu’elle leur voue. Et cette humanité, on la retrouve aussi dans l’immense tendresse qu’elle a pour ses personnages, tous savoureux, profondément attachants et souvent très drôles. 

A la fin, Angie raconte sa rentrée au moment du déconfinement. Et à elle de conclure cette histoire stupéfiante, qui en fin de compte paraît beaucoup moins saugrenue que la réalité :

Je sais que ça a pas l’air vrai. Mais c’est ça, la vie : c’est vrai quand même !

Les références
L'équipe