Nous voilà partis pour un authentique road trip. Ça fait cinq ans que Coyote, 12 ans, et son père, Rodéo, sillonnent les routes américaines au gré de leurs envies. Leur moyen de locomotion, un bus scolaire aménagé car il est aussi leur maison.

"L’incroyable voyage de Coyote Sunrise", de Dan Gemeinhart
"L’incroyable voyage de Coyote Sunrise", de Dan Gemeinhart © Pocket jeunesse)

Coyote et Rodéo ont adopté un mode vie nomade qui semble parfaitement leur convenir, rythmé par un certain nombre de rituels tendres et fantaisistes comme ils le sont eux-mêmes. C’est une des raisons pour lesquelles on s’attache immédiatement à ce duo père/fille qui, entre autre chose se moque bien du regard des autres. En effet Coyote a une dégaine de sauvageonne avec son T-shirt constellé de taches de graisse et ses pieds nus malgré l’asphalte brûlant quant à Rodéo, il a tout du hippie. D’ailleurs le concernant, Coyote a une chose importante à nous dire :

Extrait :

Ses yeux sont magiques. Son regard est si profond, doux et gentil que les gens plongent littéralement dedans. Je l’ai vu des tonnes de fois. Il est grand, hirsute, et il ne ressemble clairement pas à ce qu’on appelle un homme « normal », donc quand il se lève, les gens se crispent, ils deviennent méfiants et froids. Et puis, il les regarde avec ses yeux particuliers, et aussitôt ils fondent et se détendent. L’instant d’après, Rodéo est leur meilleur ami.

Un sacré duo père/fille !

Tout bascule lorsque Coyote appelle sa grand-mère comme elle le fait chaque samedi depuis cinq ans. Lors de cette conversation Coyote apprend que le parc de son ancien quartier va être rasé. A cette nouvelle, on sent le sol se dérober sous ses pieds. En quelques secondes sa décision est prise : elle rentre.

Cette décision est le point de départ de l’histoire

Déjà parce qu’on comprend à la réaction de Coyote que tout n’est pas que légèreté dans sa vie. Mais aussi parce qu’arriver avant le début des travaux nécessite deux choses : d’abord réussir à faire prendre la bonne direction à Rodéo sans rien lui dire de son projet car il refuserait catégoriquement, mais aussi réussir à parcourir le nombre de kilomètres nécessaire dans un délai très limité.Mais pourquoi est-ce si important pour Coyote de retourner dans ce parc avant sa démolition ?Parce qu’un objet très cher à son cœur y est enterré et qu’il est inimaginable de ne pouvoir le récupérer. Et c’est là qu’on découvre que, sous couvert de jouir d’une liberté totale, Coyote et Rodéo sont en définitive dans la fuite permanente.

Qu’est ce qu’ils fuient ?

Le souvenir d’un événement tragique, qui est à l’origine de leur départ et du mode de vie qu’ils ont adopté depuis.C’est pour ça qu’ils se sont choisis les surnoms de Coyote et Rodéo, pour marquer une rupture avec leur vie d’avant. Et c’est aussi pour ça que Coyote sait que son père refusera de rentrer. Partir, c’était mettre de la distance avec le malheur. Mais en faisant cela ils ont aussi enterré une part de leur identité et aujourd’hui Coyote ne veut plus. Elle ne veut plus de cette solitude inhérente à leur mode de vie, même si elle a pour compagnon de voyage celui qu’elle qualifie d’homme le plus gentil du monde. 

Il reste quatre jours à Coyote pour arriver à temps.

C’est le temps maximum dont elle dispose, et pour y arriver elle va avoir besoin d’aide ; heureusement on peut croiser sur la route des gens généreux et bienveillants surtout quand on a une personnalité telle que celle de Coyote.C’est ainsi que ce voyage à bord de ce bus improbable sera l’occasion pour les lecteurs de découvrir une très belle et riche galerie de portraits. On ne voit pas les kilomètres filer tant les situations improbables et les rencontres s’enchaînent.Ce roman globalement plein de gaieté mais aussi profondément touchant, est une très belle tranche de vie pour des lecteurs à partir de 12 ans.

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