Dans cette BD où Magali Le Huche raconte ses années adolescentes, les Beatles occupent une place importante... Magali Le Huche montre dans toutes ses œuvres un univers graphique bien singulier et un humour décalé. Dans cette bande dessinée, on va rencontrer justement un portrait très intime de l’auteure.

"Nowhere Girl", de Magali Le Huche
"Nowhere Girl", de Magali Le Huche © Editions Dargaud

Magali Le Huche nous raconte dans Nowhere girl le début de son adolescence. 

On retrouve Magali à l’âge de 11 ans, année de la rentrée au collège. 

Vous pouvez l’imaginer, peut-être que vous vous souvenez encore d’ailleurs : le tracas de la veille de la rentrée et les changements que le collège impose. On abandonne nos pratiques de l’enfance, désormais, plus question de jouer dans la cour ! Magali voudrait réussir sa sixième, être douée, que les profs se rendent compte de sa motivation, de son envie de progresser. Mais très vite, les changements de la sixième deviennent plus compliqués que ce qu’elle n’avait imaginé. Elle n’y arrive pas.

Au travers des images de la bande dessinée, qui sont même plus parlantes que les mots, on voit comment le poids du malaise que Magali ressent se fait de plus en plus important. La boule au ventre, l’envie que tout s’arrête. Rien ne semble aider Magali à aller mieux… sauf qu’un jour. 

« Un dimanche après-midi où j’essayais de jouer pour passer le temps, ma sœur décida d’écouter un nouveau disque… Puis la musique s’arrêta. Maman ! Papa ! Amé ! C’était quoi cette musique ? »   
- Les Beatles. Il serait temps que tu te cultives un peu, p’tit cul ! »   
- Les Beatles ? » 

Les Beatles deviennent une échappatoire à ses problèmes.

Un lieu où se réfugier. Les Beatles changent la vie de Magali car la musique a toujours la capacité de changer notre état d’âme, et cela est universel à toute âge. 

Cette bande dessinée nous montre parfaitement les changements qui arrivent à l’adolescence et la difficulté que l’on peut avoir pour les digérer. Le chamboulement de la puberté, de devenir une « femme », même quand on n’est pas prête. En ce qui concerne Magali, on va lui diagnostiquer une phobie scolaire : elle fera désormais les cours à la maison.

Ce qui est étonnant et génial, c’est que lorsque l’on lit la bande dessinée de Magali Le Huche, on arrive même à rire des moments durs. On voit la partie comique face à la difficulté du personnage. Elle dévoile son intimité au lecteur car le lecteur lui-même est passé par là, et que l’on se retrouve tous dans le portrait de cette adolescente de 12 ans qui se sent incomprise par les autres. 

L’univers graphique est épatant, les couleurs bien fluo et éclatantes nous font voyager aux rythmes du rock psychédélique des chansons comme Lucy in the sky with diamonds ou Strawberry fields forever.

On a envie de revenir à nos chambres d’ados, tapissées des posters de chanteurs, pour y placer, bien au centre, les sublimes portraits que Magali fait des Beatles. 

On peut lire cette bande dessinée à partir de 14 ans et sans aucune limite d’âge, car c’est d’ailleurs une publication qui n’est pas que pour la jeunesse : le pouvoir universel de la musique, est égal à toute âge. Cette histoire nous aide aussi à nous rendre compte que les moments difficiles de l’adolescence sont aussi importants pour construire l'adulte que l’on sera plus tard. 

"Nowhere girl" de Magali Le Huche, publié chez Dargaud.

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