Premier tome d'une trilogie. Alma, 13 ans, vit auprès de ses parents, de son grand frère qu’elle aime tendrement et de son petit frère, Lam, 10 ans, qu’elle considère comme son autre moitié. Cette famille vit totalement isolée du reste du monde, dans une vallée d’Afrique...

Détail de la couverture d'"Alma" de Thimothée de Fombelle et François Place
Détail de la couverture d'"Alma" de Thimothée de Fombelle et François Place © Gallimard jeunesse

Timothée de Fombelle est, incontestablement, un des plus talentueux auteurs de sa génération. Son premier roman, Tobie Lolness, paru il y a presque quinze ans, était déjà la preuve de la virtuosité de cet auteur qui, depuis, ne cesse de nous enchanter, quel que soit le support  : romans, livres CD, albums illustrés, bande dessinée et même un roman à destination des adultes.  

Alma est encore une fois la preuve que, quelle que soit la destination, l’écriture merveilleuse de cet auteur emporte le lecteur de la première à la dernière page. 

L’action se déroule en 1786. 

Alma, 13 ans, vit auprès de ses parents, de son grand frère qu’elle aime tendrement et de son petit frère, Lam, 10 ans, qu’elle considère comme son autre moitié. Cette famille vit totalement isolée du reste du monde, dans une vallée d’Afrique que je vais laisser l’auteur nous décrire à travers cet extrait. 

Extrait :

La vallée est entièrement fermée par des falaises. Elle est belle et chaude comme un paradis. Elle ressemble à une main immense remplie de prairies, d’arbres et de bêtes sauvages. Une main ouverte qui donne tout ce qu’il faut pour vivre : la nourriture, les nuits étoilées et les petits singes dans les branches pour s’amuser. Elle donne les pluies battantes dans lesquelles ils s’enfoncent tout nus en courant, les siestes entre leurs parents, les hautes herbes qui penchent quand passent les lions ou le vent. Mais rien n’existe pour eux en dehors de ce monde protégé et fermé. Une famille, seule, dans une vallée à perte de vue.

Que peut-il se passer dans un lieu paradisiaque et protégé ? 

Rien, tant que la règle d’or répétée par le père est respectée, à savoir : rien ni personne ne doit entrer dans la vallée, et rien ne doit en sortir. 

La règle va donc être transgressée 

En fait la règle a été transgressée il y’a un an déjà. Un cheval est arrivé dans la vallée, et Alma sait comment il a réussi à en franchir les falaises. Elle aussi connaît maintenant le passage qui permet d’accéder ou de sortir de la vallée une fois l’an lors des grandes pluies. Le seul à connaître son secret c’est Lam, son petit frère, qui ne cesse de lui réclamer des histoires qu’elle lui invente sur ce qu’ils nomment « là bas ». C’est pour ça que le jour où Lam demeure introuvable, très vite Alma comprend qu’il est parti avec le cheval dans l’intention de s’y rendre. Et elle décide bien sûr de partir à sa recherche. 

Vous avez précisé que l’action se déroule en 1786. C’est important ? 

Absolument. Car figurez vous que le jour de la disparition de Lam, à quelques milliers de kilomètres d’Alma, un navire négrier s’apprête à prendre la mer en direction de l’Afrique, afin de remplir ses cales d’une cargaison de 500 esclaves. Joseph, 13 ans, s’est invité à son bord de manière on ne peut plus risquée. Il s’en sortira en réussissant à convaincre le capitaine qu’il a la clé permettant de trouver l’emplacement du trésor du plus légendaire et fortuné des pirates. Mais tout cela n’est qu’une ruse. Le véritable trésor, il en est sûr, se trouve dans le bateau même. 

C’est ainsi qu’on se retrouve à suivre en parallèle les voyages d’Alma et de Joseph sur fond d’Histoire de la traite négrière. 

Timothée de Fombelle nous offre un fabuleux récit d’aventure avec des personnages d’un courage et d’une dignité remarquables. 

Avec son sens de la phrase juste où transparaît encore une fois toute son humanité, l’auteur s’empare d’une des pages les plus cruelles de l’Histoire, pour en faire le décor d’un des plus beaux romans jeunesse que j’ai eu lu. 

Et comment ne pas parler des nombreuses illustrations de ce formidable auteur/illustrateur qu’est François Place et qui viennent encore rehausser la force du récit ? 

Bref, Alma est un tel bijou qu’on aurait envie de le conseiller à tous, mais attention, l’exigence du texte et la cruauté du contexte historique le réservent à un lectorat à partir de 13 ans sans aucune limite d’âge. 

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