Léa Martin, seize ans et 1,79 m est, selon son père, une future star du basket. Léa et son père ont une relation fusionnelle : il croit énormément dans le potentiel de sa fille et il est son coach depuis son enfance. Il n’a jamais pu suivre une carrière professionnelle et qui attend que sa fille réussisse.

Détail de la couverture de "Le syndrome du spaghetti", de Marie Vareille
Détail de la couverture de "Le syndrome du spaghetti", de Marie Vareille © PKJ

Le père de Léa n'a jamais pu suivre une carrière professionnelle et attend que sa fille réalise ce rêve qu’il n’a pas pu réaliser : une carrière à la NBA

Hormis le fait d’être la prochaine star de la NBA, Léa est une fille normale. Elle fréquente un lycée privé où sa mère l’a placée malgré ses désastreux résultats scolaires et où elle a réussi à former un trio d’amis avec Amel et Nico.  

Amel, sa meilleure copine, est un génie, elle est dans un collège privé grâce à ses bonnes notes. Habitant dans une cité de banlieue, elle ne fréquente plus le lycée de son quartier. Léa et Amel se sont rencontrées grâce à une professeure qui leur a conseillé d’étudier ensemble pour équilibrer le potentiel sportif de Léa avec l’excellence académique d’Amel. Nico pour sa part a toujours été le partenaire de basket de Léa, car ils s’entrainent ensemble depuis des années et poursuivent le même rêve : entrer à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) pour ensuite se faire repérer par un recruteur américain :

Voilà le plan, ou plutôt « le Map », comme on dit tous les trois en rigolant, Nico et mon père étant aussi nuls que moi en anglais. La suite du Map, que pour le moment je garde pour moi, c’est que j’épouserai Nico, on habitera à San Francisco et on aura des enfants américains. Mais cette partie-là, évidemment, n’est pas encore tout à fait officielle, puisque Nico n’a pas encore compris qu’on était faits pour être ensemble. Une petite anomalie qui devrait se régler rapidement. Jusqu’ici, j’ai toujours réussi tout ce que j’entreprenais. Ce n’est pas compliqué de réussir après tout : comme dit mon père, il suffit de te lever tôt le matin et d’y travailler sans relâche jusqu’à ce que ça marche. 

L’énergie de Léa et de son père se ressent à chaque page, en plus, sa façon de s’exprimer (drôle, directe et sans filtre) nous fait énormément rire lors de la lecture. C’est d’ailleurs cette façon tellement culottée d’agir qui la fait un jour rencontrer un groupe de jeunes jouant au basket dans la cité où habite sa copine Amel. Parmi eux, Anthony. Léa se rend compte tout de suite de son potentiel et lui propose de rencontrer son père pour qu’il devienne son coach aussi. Elle est sûre qu’en modifiant quelques techniques, il pourrait devenir un très bon joueur. 

Jusque là, la vie de Léa est tracée. Mais les choses ne sont jamais aussi simples qu'on le croit : quelques jours plus tard, un grand drame arrive et la vie de Léa s’écroule

Le problème, quand ta vie s’effondre, c’est que personne ne t’avertit. Ce serait cool d’avoir une voix off, une lettre, un message WhatsApp, même un télégramme envoyé par un pigeon voyageur : « ALERTE ROUGE, jusqu’ici ta vie était normale, mais mets ta ceinture parce qu’elle va basculer dans la merde la plus totale. » Bref… en vrai, chialer des baignoires les yeux fixés au plafond en écoutant Adèle à fond n’est pas une solution viable sur le long terme. Il faudrait que je passe à autre chose. Comment ? Je ne sais pas. Même Google ne sait pas, c’est dire. J’ai cherché. Ni sur Vinted ni sur e-bay on ne trouve un cœur de rechange.

Les rêves de Léa s’évaporent d’un coup et personne n’arrive à lui remonter le moral ni à lui redonner la joie et la spontanéité qu’elle nous avait tant montré au début de notre histoire. Elle se renferme sur elle-même, s’éloignant de ses amis et de sa famille. Ce sera qu’avec l’aide de cet inconnu Anthony qu’elle essaye de remonter en surface. Anthony ne connaît pas réalité de Léa, et cela lui permet de nier son quotidien et continuer à vivre comme si ses rêves étaient toujours possibles.   

Le syndrome du spaguetti est un roman réconfortant, une histoire qui nous fait rire, mais qui demande tout de même que l’on soit équipés d’une bonne boîte de mouchoirs à portée de main... Un roman qui retrace les rêves perdus de l’adolescence et comment affronter les changements inattendus. Un roman d’adolescence, d’amour et de vie. 

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