Il s’agit d’une succession de plusieurs contes enchâssés, qui font suite à un premier recueil de l’auteur paru l’année dernière, intitulé "Le roi des Oiseaux", et qui a déjà reçu plusieurs prix. On peut tout à fait lire ces deux bandes-dessinées indépendamment l’une de l’autre.

Détail de la couverture de "La princesse guerrière - Un conte inspiré du folklore russe", d'Alexander Utkin
Détail de la couverture de "La princesse guerrière - Un conte inspiré du folklore russe", d'Alexander Utkin © Gallimard BD

Comme dans son premier ouvrage, Alexander Utkin confie la narration au Gamaïoun, une créature issue de la mythologie slave. Voici ses premiers mots : "Mes salutations, cher ami. Je m’appelle Gamaïoun : je suis un oiseau magique à tête humaine de la mythologie slave. Je prédis l’avenir et connais le passé. Crois-le ou non : je sais tout. Mais ce que je préfère, c’est raconter des histoires, de bravoure, d’amour ou de sagesse. Parfois, elles semblent un peu effrayantes, mais je préfère les dire « palpitantes » ! Vois par toi-même. Tourne la page, mon récit commence !"

Comme Shéhérazade dans les Contes des Mille et Une Nuits, Gamaïoun sait parfaitement comment nous tenir en haleine tout au long de son récit : parfois, il s’arrête même en plein milieu d’une péripétie et nous laisse patienter le temps d’une autre histoire avant de finir la première ! C’est parfois un peu frustrant mais sa capacité à créer le suspense fait de lui un excellent conteur.

On plonge dans un univers où la nature et la magie dominent, sublimées par les couleurs flamboyantes utilisées par l’auteur

On y rencontre une grande variété de personnages, des esprits, des sorcières, des rois ou de simples mortels ; mais aussi beaucoup d’animaux, qui ont une place de premier plan et qui sont la plupart du temps doués de parole, parfois capables de se métamorphoser, et souvent salvateurs pour les héros.

Et ces héros, qui sont-ils ?

Ce second recueil met en avant la célèbre Baba Yaga, une vieille sorcière au rôle ambiguë que vont croiser tour à tour les deux héros : Vassilissa et Ivan Tsarévitch.

La première est une jeune fille malmenée par sa belle-mère et par sa demi-sœur, qui profitent du fait que son père malade soit complètement amorphe pour exploiter sa fille à la maison.

J’imagine que ça vous rappelle quelque chose ?

C’est l’histoire de Cendrillon !

En effet le point de départ de l’histoire fait beaucoup penser au célèbre conte de Perrault et des frères Grimm ! mais on va rapidement s’en éloigner lorsque Vassilissa est dupée par sa belle-mère, qui l’envoie demander l’aide de Baba Yaga pour guérir son père. Sauf que Vassilissa a un secret : elle a en sa possession un cadeau offert par sa mère avant de mourir, une petite poupée magique qui sera d’une aide précieuse pour affronter la terrible sorcière…

"- Je te vois, fillette ! Comment oses-tu pénétrer dans mon domaine ? Tu te crois digne de te présenter devant Baba Yaga ? Ce n’est pas un lieu pour les simples mortels ! Réponds-moi ! Vite !

- É-Épargnez-moi, grande Baba Yaga ! Je m’appelle Vassilissa. Je suis venue vous demander le feu éternel pour ma belle-mère et ma demi-sœur… et pour mon père.

- Le feu, dis-tu ? Eh bien, si c’est ce que tu cherches… suis-moi."

Voilà donc la rencontre entre Vassilissa et Baba Yaga… Et il y a un second héros 

Le jeune prince Ivan Tsarévitch, qui au début de cette histoire porte le simple nom de John, et dont l’aventure débute elle aussi à cause d’un père très malade. 

John est originaire d’un royaume lointain, il est le plus jeune de trois frères et c’est de loin le plus honnête et le plus courageux. Son père, le roi, n’a plus qu’un espoir pour survivre : trouver une pomme d’or légendaire apparemment capable de guérir quiconque en mangerait une bouchée. Sans nouvelles de ses frères partis l’un après l’autre à la recherche cette fameuse pomme, John se lance à son tour dans cette quête qui va lui réserver de surprenantes rencontres...

À partir de 9 ans mais vraiment sans aucune limite d’âge, on pourrait aussi bien les conseiller aux adultes !