Soledad a un drôle de prénom, hérité des racines espagnoles de sa grand-mère. Soledad veut dire « solitude » ce qui va très bien pour illustrer la perspective de l’été qui s’annonce pour cette jeune fille.

Comment un adolescent se rend compte qu’il a grandi, qu’il regarde ses souvenirs, ses grands-parents, qu’il prend conscience du passage à une nouvelle étape
Comment un adolescent se rend compte qu’il a grandi, qu’il regarde ses souvenirs, ses grands-parents, qu’il prend conscience du passage à une nouvelle étape © Getty / Westend61

La jeune Soledad par partir en vacances chez sa grand-mère

Elle est veuve depuis peu, dans sa maison des Pyrénées. Un village sans autres ados, sans aucune connaissance autre que cette mamie qui lui est chère mais en même temps étrange.

A la base, Soledad devait fêter la fin de son bac en partant avec quelques amis en partant en voyage dans un camping : soirées guitare, rencontres, plage et mer. Pourquoi renoncer à tout ça ? elle s’est rendu compte que son père avait besoin d’elle. Depuis sa séparation avec sa mère, il n’arrive pas à reprendre le rythme, et il a de plus en plus de mal à sortir de son trou. 

Mais son père décide du jour au lendemain qu’il a vraiment le besoin de se retrouver seul, et voilà Soledad envoyée chez sa mamie illico presto. 

Extrait : 

- Je t’aime, ma charogne. Je te promets que j’aurai la patate quand tu reviendras.   
- Sans blague. J’ai hâte de voir la tête de la patate en question.

Et c’est comme cela que Soledad se retrouve en route

Arrivée dans les Pyrénées, Doméné, un ami de sa mamie l’attend à la gare. Il conduit un van qui sent la bique crevée. Chez sa grand-mère, ce n’est plus cette mamie souriante qui l’accueille, sa grand-mère a vieilli, elle a maigri et elle semble menue et fragile. 

Soledad se rend compte des changements. Elle réfléchit beaucoup à son enfance passée dans cette maison de vacances. Aux moments qu’elle adorait : 

Extrait :  

J’ai des souvenirs de balades épiques sous des vents chafouins qui nous obligeaient à nous accrocher aux herbes folles pour grimper les pentes escarpées, des parties de Trivial Pursuit, de Scrabble, de Boggle et de mimes à n’en plus finir près de la cheminée, où je me roulais par terre de rire quand ma grand-mère imitait la limace. Je dessinais des monstres, je l’aidais à couper les carottes ou les patates, je louchais sur les papillons et les oiseaux, bref, je mettais un pied dans leur vie et je trouvais tout génial. Depuis le lycée, je n’en ai plus envie. Le génial a plié les bagages et c’en est allé je ne sais où rendre visite à d’autres enfants.

Vous l’aurez compris. Soledad ressent d’un côté l’envie d’être avec sa mamie, de retrouver ses souvenirs d’enfance, mais d’un autre côté elle aurait adoré passer ses vacances ailleurs. 

Le titre du livre, c'est "Un été avec Albert". Qui est cet Albert ?

Plutôt, c’est quoi ! Albert c’est le nom que la mamie de Soledad a donné au grand arbre du jardin. Elle est convaincue qu’il protège la maison et qu’il veille sur elles. Mais Soledad n’est pas véritablement de son avis. Sa mamie n’a pas peur de vivre seule au milieu des champs ? de ne jamais fermer la porte à clé ? 

Un jour, un événement inattendu vient bouleverser le calme des vacances de Soledad et de sa grand-mère. Et si sa crainte était réelle ? Et si quelqu’un rôdait vraiment aux alentours de la maison ? Soledad va vivre un été hors du commun, entre le rêve et la réalité.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce roman ?

Ce récit est émouvant, il décrit très bien comment un adolescent se rend compte qu’il a grandi, qu’il regarde différemment ses souvenirs, ses grands-parents, qu’il prend conscience du passage à une nouvelle étape loin de l’enfance. La plume de Pavlenko dans ce roman nous fait rire dans de nombreux passages, car Soledad n’a pas la langue dans sa poche ! En même temps, l’histoire entre Soledad et sa mamie Elvira est tellement émouvante que l’on ne peut pas s’empêcher de revivre nos propres souvenirs d’enfance en lisant leur histoire. 

L'auteure de ce livre, Marie Pavlenko, commence à être une habituée de la Bibliothèque des ados

Après Et le désert disparaîtra (que l’on avait chroniqué et qui avait été finaliste au prix Vendredi 2021 ou sa nouvelle dans Elle est le vent furieux, elle reprend ici ses sujets phares : l’adolescence, la nature et la lisière entre le réel et le fantastique.