Les programmes des candidats finalistes à la présidentielle comportent tous deux une augmentation du nombre de places de prison.

Le centre de détention de Fleury-Mérogis, en région parisienne.
Le centre de détention de Fleury-Mérogis, en région parisienne. © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Marine Le Pen propose la construction de 40.000 places en 5 ans, le chiffre n'a pas bougé depuis son programme de 2012. Ce qui porterait l'ensemble du parc carcéral français à près de 100.000 places (58.500 actuellement, pour 70.000 détenus).

C'est, selon la candidate FN, indispensable pour accompagner l'augmentation de la population carcérale, puisqu'elle souhaite rétablir les peines planchers et limiter les aménagements de peine en abrogeant les lois Dati (2009) et Taubira (2014).

Emmanuel Macron reprend le plan de 15.000 nouvelles places lancé par l’actuel garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas. Le candidat d’En marche préconise la construction d’établissements à taille humaine, avec plus d’activités pour les détenus, et souhaite assurer un encellulement individuel à 80%.

Pour Marine Le Pen, une seule solution, la prison

"Appliquer la tolérance zéro et en finir avec le laxisme judiciaire" c'est le credo de son programme.

Hors la prison, point de salut pour la candidate du FN, qui propose d'instituer une peine de perpétuité sans possibilité de libération.

Ce qui impliquerait une révision constitutionnelle, car actuellement les traités européens dont la France est signataire ne le permettent pas.

La candidate souhaite rattacher l'administration pénitentiaire au ministère de l'intérieur ; et restaurer la double peine, en expulsant les délinquants étrangers.

Pas un mot dans son programme sur la probation ou le milieu ouvert, qui prennent en charge 130.000 personnes en France (deux fois plus que le nombre de détenus).

Emmanuel Macron : des prisons neuves et des alternatives à la détention

Dans des propositions parfois contradictoires, Emmanuel Macron veut que toute personne condamnée à une peine de prison ferme inférieure à 2 ans soit effectivement incarcérée, avant un possible aménagement de peine. Depuis la loi Dati de 2009, on peut entièrement aménager les peines de prison ferme jusqu’à 2 ans, par exemple avec un bracelet électronique.

Dans le même temps, le candidat d'En marche veut créer une "agence des mesures alternatives à l'incarcération" pour recenser toutes les offres de de travaux d'intérêt général (TIG).

Il propose d’augmenter le nombre de conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation, qui s'occupent du suivi des personnes en milieu ouvert (sursis avec mise à l’épreuve, contrainte pénale, libération conditionnelle…).

Point commun entre les deux candidats : l'absence de chiffrage.

Combien de magistrats, de conseillers de surveillants faudra-t-il recruter ? Ce n'est pas précisé.

Or construire et faire fonctionner des prisons coûte très cher, le programme immobilier des candidats risque d'engloutir une bonne partie de leur budget de la justice.

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