Les entreprises payent-elles vraiment trop de charges ? Les candidats à l'élection présidentielle qui veulent les diminuer peuvent-ils le faire ? Retour sur cette idée reçue.

Nombre de candidats à l'élection présidentielle veulent baisser les charges des entreprises pour améliorer leur compétitivité.
Nombre de candidats à l'élection présidentielle veulent baisser les charges des entreprises pour améliorer leur compétitivité. © AFP / JOEL SAGET

Thème de campagne des candidats pour dynamiser l'économie française, la baisse des charges est un objectif souvent présent dans les programmes de campagne. Mais les entreprises françaises payent-elles vraiment trop de charges, en comparaison avec nos voisins européens ?

L'impôt sur les sociétés à peine plus élevé qu'en Allemagne

Maxime Debs s'est penché sur le sujet, à commencer par l'impôt sur les sociétés, cet impôt que les entreprises reversent sur les bénéfices qu'elles réalisent. Son taux est de plus de 33 % en France, contre seulement 29 en Allemagne.

Il serait la cause de tous les maux, si l'on en croit Emmanuel Macron, par exemple, qui dit vouloir l'abaisser à 25 % pour rendre de la compétitivité aux entreprises françaises.

Mais dire que nos sociétés sont étranglées par ce seul taux d'impôt trop fort, c'est un leurre, un mythe. D'après les différents économistes que j'ai pu joindre, la collecte en impot sur les sociétés, en France, est d'un montant relativement comparable aux autres pays européens : 2 points de PIB. C'est plus ou moins la même chose qu'en Allemagne. Sur ce point, donc pas de différence énorme.

Les salaires pèseraient-ils trop lourd ?

Si l'impôt sur les sociétés diffère peu, la différence se jouerait-elle sur les salaires ? Et bien pas vraiment. On a cette idée reçue persistante, selon laquelle le coût salarial serait beaucoup plus élevé en France qu'ailleurs, mais ce n'est pas tout à fait vrai.

Si on prend le cas de l'Industrie, l'ouvrier français coûte aujourd'hui moins cher à l'heure que son homologue allemand.

Selon l'institut d'études économiques Coe Rexecode, le CICE a notamment contribué à gommer l'écart entre nos deux pays. Un CICE qui fait quoiqu'il en soit débat. Benoît Hamon veut le réorienter et Nicolas Dupont-Aignan le limiter à certaines entreprises seulement.

Comment expliquer finalement cette idée véhiculée disant que les entreprises françaises paieraient trop de charges ?

Eh bien parce qu'au fond c'est vrai. Les économistes vous le disent : chez nous, les sociétés sont taxées avant même qu'elles aient des résultats. Pas que sur les bénéfices.

Il y a donc tout le reste : les taxes professionnelles, l'abonnement aux transports en commun, dont l'employeur doit payer la moitié à son salarié, sans compter la contribution obligatoire à l'assurance chômage. Beaucoup de charges qui pèsent, à la fin, sur les entreprises françaises quand elles ne reposent pas sur les épaules des sociétés dans les autres pays européens.

Pour se faire une idée en 2014, selon Coe Rexecode, les entreprises françaises ont versé en taxes diverses 36 milliards d'euros. Soit 18 fois plus que leurs homologues allemandes.

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