La surpopulation carcérale peut-elle être solutionnée par de nouvelles prisons ?

Ces 30 dernières années, 25 000 places de prison ont été créées, pour un total aujourd'hui de 58 500 places.
Ces 30 dernières années, 25 000 places de prison ont été créées, pour un total aujourd'hui de 58 500 places. © Maxppp / LIONEL VADAM

Ca semble simple comme une équation mathématique : s'il y a plus de détenus, il suffit de construire plus de prisons. Sauf que dans la réalité, c'est plus compliqué que ça.

Ces 30 dernières années, 25 000 places de prison ont été créées, pour un total aujourd'hui de 58 500 places. Et la densité carcérale n'a pas diminué, car le nombre de détenus a également augmenté.

On explique cette hausse continue du nombre de détenus depuis 20 ans par un durcissement des politiques pénales, le recours de plus en plus courant à la détention provisoire et la suppression de mécanismes de régulation comme les amnisties collectives.

Une sorte de fuite en avant que le conseil de l'Europe résume dans un rapport rendu en juin dernier : "La population carcérale tend à croitre au même rythme que les capacités des établissements pénitentiaires".

Ce que reconnaît Jean-René Lecerf, ex sénateur LR, pdt du conseil départemental du nord, et qui a présidé la commission du Livre Blanc sur l'avenir des prisons. "Il faut, dit-il, construire des nouvelles prisons pour rénover le parc existant et assurer de bonnes conditions de détention, mais cela ne peut pas être la seule solution."

Peut-on lutter contre la surpopulation carcérale ?

Pour remédier au problème de surpopulation carcérale, il faut une politique pénale innovante, dit Jean René Lecerf. En France, 30% des détenus sont en détention provisoire, en attente de leur procès, un taux très important. La contrainte pénale, créée comme une peine alternative à la prison, en milieu ouvert, n'a pas pris auprès des magistrats, qui n'en ont prononcé que 3 000.

Pour Marie Crétenot de l'Observatoire international des prisons, il est pourtant possible de prendre des mesures rapides et efficaces.

Pour finir en regardant ce qui se passe ailleurs, les Pays Bas ont engagé une politique volontariste de réduction de la population carcérale : en 10 ans, elle a été divisée par deux et un tiers des prisons sont vides.

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