L'attaque chimique de mardi ravive les tensions internationales sur l'attitude à avoir envers Bachar Al-Assad. Réponse de plusieurs candidats à l'élection présidentielle française.

Portrait de Bachar Al-Assad devant la citadelle d'Alep (Syrie)
Portrait de Bachar Al-Assad devant la citadelle d'Alep (Syrie) © Radio France / Arthur Gerbault

L'organisation état islamique est née en Irak et non pas en Syrie. Le groupe Etat islamique est un peu "l'enfant monstrueux" de l'invasion américaine en 2003 qui a renversé Saddam Hussein.

Ensuite, avec la crise syrienne qui s'est transformée en guerre civile, Bachar Al-Assad a libéré de ses geôles des islamistes qui sont devenus djihadistes. D'où les accusations de double jeu du régime syrien, dont l'armée s'est surtout concentrée sur les rebelles de l'Armée syrienne libre soutenus par les Occidentaux.

Actuellement, les meilleurs combattants contre les djihadistes ce sont les peshmergas kurdes, épaulés par les Etats-Unis et la France. Mais il est vrai que dans la bataille finale pour chasser l'EI de l'Est de la Syrie, l'armée syrienne appuyée par les Russes mène aussi la lutte contre le groupe état islamique, notamment à deir El-Zor, à Palmyre ou encore à l'est d'Alep.

Que faire de Bachar Al-Assad ?

Un raid aérien a frappé mardi Khan Cheikhoun, une petite ville contrôlée par des rebelles et des djihadistes dans la province d'Idleb (nord-ouest e la Syrie) faisant plus de 80 morts dont 30 enfants.
Cette attaque vient renforcer l'image d'un président syrien qui gaze son propre peuple. En même temps, il est toujours solidement installé au pouvoir. Bachar Al-Assad a déjoué tous les pronostics. Grâce aux Russes, aux Iraniens et au Hezbollah, il a reconquis la Syrie utile et les rebelles ne sont plus en mesure de le renverser par la force. D'autant que la Russie, qui a installé une sorte de protectorat militaire sur le pays, veille au grain. Moscou n'a pas l'intention de lâcher son protégé dans l'immédiat et aujourd'hui, le seul espoir d'une sortie de crise repose sur un processus de négociation à Genève et à Astana, qui pour le moment n'avance pas. A tel point que selon certains diplomates, Bachar Al-Assad pourrait même terminer son mandat de président en 2021.

Faut-il rouvrir l'ambassade de France à Damas?

OUI

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise

Le plus tôt sera le mieux ! C'est une erreur de l'avoir fermée !

► ECOUTER | Jean-Luc Mélenchon au micro de Christian Chesnot :

Jean-Pierre Raffarin (Les Républicains), président de la commission des affaires étrangères du Sénat et membre de l’équipe de campagne de François Fillon :

Il faut agir sur deux leviers : l'action militaire et l'aide au développement. La solution politique passe par la diplomatie

ECOUTER | Jean-Pierre Raffarin au micro de Christian Chesnot :

Jérome Rivière, conseiller défense de Marine Le Pen candidate FN :

C'est surtout aberrant de l'avoir fermée ! Les raisons pour lesquelles elle a été fermée sont des raisons d'alignement sur l'administration américaine précédente qui a consisté à armer des terroristes.

ECOUTER | Jérome Rivière, conseiller défense de Marine Le Pen candidate FN :

NON

Benoit Hamon, candidat du Parti socialiste et des écologistes, a répondu à cette question par écrit :

"Aujourd’hui, rouvrir notre ambassade en Syrie c’est rétablir une représentation française auprès de Bachar Al-Assad. Le moment n’est pas venu et c’est la position de la plupart de nos partenaires européens investis dans le règlement du conflit syrien. Je crois que les autorités syriennes pourront renouer avec la communauté internationale lorsqu’aura été mis en œuvre un processus de transition politique répondant à l’aspiration légitime du peuple syrien au changement. D’ici là, nous nous adressons aux autorités syriennes à travers le cadre des négociations multilatérales sous l’égide de l’ONU. C’est le succès de ces négociations qui ouvrira la voie au redressement d’une Syrie démocratique, apaisée, indépendante et souveraine".

CE N'EST PAS UNE PRIORITE

Nathalie Goulard, porte parole de En marche d'Emmanuel Macron

Il faut que nous nous impliquions plus dans cette région. La question de l'ambassade n'est pas une question qui se pose.

ECOUTER | Nathalie Goulard, porte parole de En marche au micro de Christian Chesnot

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