Plusieurs dizaines de milliards ont été dépensés depuis les années 2000. Le bilan des grands plans de reconstruction est mitigé.Cet argent a-t-il été dépensé inutilement ?

Le retour de la mixité sociale dépend bien souvent de l'image des quartiers, qui n'a pas changé malgré les démolitions
Le retour de la mixité sociale dépend bien souvent de l'image des quartiers, qui n'a pas changé malgré les démolitions © AFP / Pierre Andrieu

Focus sur la politique de la ville. France Inter était ce vendredi matin en direct de Roubaix. Peu de candidats font des propositions chiffrées en matière de rénovation urbaine. Le sujet est même assez peu évoqué. Il faut dire que le bilan des grands plans de démolition et de reconstruction de logements dans les quartiers prioritaires est plutôt mitigé. Plusieurs dizaines de milliards dépensés depuis les années 2000, tout cet argent a-t-il été dépensé inutilement ?

Alors "tout l'argent déversé dans les quartiers" c'est une expression qui revient effectivement de temps en temps dans la campagne, notamment avec cette idée que d'autres territoires oubliés, comme les territoires ruraux pourraient ne pas bénéficier des mêmes investissements que les banlieues. C'est vrai que certains chiffres peuvent donner le tournis : 45 milliards d'euros depuis 2003 pour la rénovation urbaine. Sauf que d'abord on ne chiffre jamais ce qui constituerait "l'argent pour la ruralité" ou "l'argent pour les centres villes". Sur cette énorme enveloppe pour le bâti, il faut aussi rappeler qu'un seul milliard a été dépensé directement par l'Etat. Le reste est financé en grande partie par action logement, c’est à dire par les entreprises et donc les salariés.

Quant à l'argent de la "politique de la ville" de manière générale, on est là à seulement 1% du budget de l'Etat, explique le sociologue Renaud Epstein : "la réalité c'est qu'on ne donne pas plus. On donne moins. Le petit plus qu'on donne au titre de la politique de la ville, ne compense pasle moins qui est lié au fonctionnement ordinaire des politiques publiques"

Malgré tout, le bilan de ces investissements est aujourd'hui contesté

Une contestation qui porte notamment sur la question des rénovations urbaines. Le retour de la mixité sociale dépend bien souvent de l'image des quartiers, qui elle n'a pas changé du jour au lendemain avec toutes ces démolitions. Cela dit, note l'observatoire national de la politique de la ville la tendance est très légèrement positive avec une baisse d'1,2 point de la part des ménages les plus pauvres, là où l'on a le plus démoli, mais -et c'est un gros mais- sans qu'on sache réellement ce que sont devenus un certain nombre d'anciens habitants de ces quartiers.

Clairement en tout cas, les coups de pelleteuses, et les habitants en témoignent, ne suffisent pas à améliorer nettement la situation sociale d'un certain nombre de territoires.

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