Alors que dans plusieurs pays européens, des camps sont en cours d'installation pour accueillir les migrants en transit, en France on s'interroge sur le nombre que l'on accueille.

Un camp de migrants improvisé sous la ligne du métro parisien, boulevard de la Chapelle
Un camp de migrants improvisé sous la ligne du métro parisien, boulevard de la Chapelle © AFP / MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

La France accueille beaucoup moins de migrants que d'autres grands pays européens comme l'Allemagne. L'an passé, les allemands ont accueilli 280 000 réfugiés et enregistré plus de 700 000 demandes d'asile.

En comparaison, les efforts de la France paraissent dérisoires, même si le nombre de demandeurs d'asile dans notre pays a augmenté de presque 40% depuis 2012. Avec près de 85 000 dossiers déposés l'année dernière. C'est finalement assez peu si l'on rapporte ces chiffres à la population totale de chaque pays.

En 2015 par exemple, l'année où l'afflux de migrants a atteint un pic en Europe, c'est en Hongrie, en Suède, en Autriche et en Allemagne que le nombre de demandeurs d'asile était le plus élevé. Loin devant la France.

Plus de titres de séjour

Pourtant, les autorités françaises accordent plus de titres de séjour pour des motifs humanitaires. L'an passé, 35% des migrants, qui en avaient fait la demande, ont obtenu l'asile dans notre pays. Un taux qui reste malgré tout en-dessous de la moyenne européenne.

La France a également du mal à tenir ses promesses dans le cadre du plan de relocalisation, ce plan sensé répartir les réfugiés dans l'Union européenne. Paris s'était engagée à accueillir 30 000 migrants d'ici à 2017. Pour l'instant, on est encore loin du compte.

Accueillir plus de migrants ?

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Sur ce sujet, les positions des candidats sont évidemment très tranchées. La droite et le Front national voient cette immigration comme un fardeau voire un fléau. Marine Le Pen veut supprimer l'AME, l'aide médicale d'état pour tous les migrants. L'objectif du FN, c'est d'empêcher l'accueil des réfugiés.

François Fillon souhaite remplacer l'AME par une dispense de frais de santé limité. Le candidat Les Républicains propose également de réformer les procédures d'asile en réduisant les délais d'instruction à 6 mois. Avec des mesures plus strictes pour expulser les migrants qui voient leur demande rejetée. Des propositions proches de celles d'Emmanuel Macron.

A gauche, Benoît Hamon veut accueillir plus de réfugiés en créant notamment un visa humanitaire spécifique.

Le programme de Jean-Luc Mélenchon sur ce sujet est beaucoup plus flou pour l'instant : "Pas question de renvoyer les migrants qui sont déjà là", explique-t-il. Mais le candidat de la France insoumise ne semble pas vouloir ouvrir les frontières : "si on ne veut pas que les gens viennent, dit-il, il vaut mieux qu'ils ne partent pas."

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