Depuis dix ans, le nombre d'étudiants à rentrer en première année de licence augmente sans discontinuer, pour des raisons démographiques. Et le taux d'échec ne baisse pas...

Le nombre d'étudiants augmente constamment depuis dix ans
Le nombre d'étudiants augmente constamment depuis dix ans © Maxppp / Stéphanie Para

À la rentrée dernière, on comptait 30 000 étudiants de plus en première année de licence, soit une hausse de 3 % par rapport à l'année précédente. Et cette hausse va se poursuivre d'après les prévisions du ministère de l'enseignement supérieur. Tout simplement pour des raisons démographiques : les mini-baby-boom des années 2000, 2001, et 2006. Les élèves nés en 2000 passeront le bac dans un an.

Autre raison, les titulaires d'un bac général sont de plus en plus nombreux. Or ce sont eux qui se retrouvent principalement, à 79 %, sur les bancs de l'université. Les bacs technologiques représentent 16% et les bacs professionnels 5% des effectifs. Conséquences de cet afflux d'étudiants : un manque de place, un tirage au sort dans les filières en tension, un manque d'encadrement et beaucoup d'échec.

Le taux d'échec en première année ne baisse pas : 40 % seulement des étudiants accèdent à la deuxième année, 25 % redoublent et 30 % quittent l'université.

Peut-on résoudre ces problèmes sans léser les étudiants ?

Marine Le Pen veut instaurer la sélection dès l'entrée à l'université. Pour François Fillon, les universités pourraient dans les filières en tension accepter uniquement les bacheliers les mieux préparés. Idée similaire chez Emmanuel Macron qui n'emploie pas le terme de sélection mais propose d'afficher des pré-requis à l'entrée de toutes les formations universitaires, donc d'en finir avec l'accès de droit.

Mais quand on sait qu'un diplôme de l'enseignement supérieur est le meilleur rempart contre le chômage, on peut s'inquiéter de ce que deviendraient les bacheliers sans affectation. Il existe d'autres solutions.

Par exemple, augmenter encore les places dans les filières courtes comme les BTS et les IUT, où les taux de passage en deuxième année sont bien meilleurs. C'est ce que proposent d'ailleurs certains candidats. Et puis surtout améliorer l'orientation. Orienter prioritairement les bacs pro vers les BTS et les bacs technologiques vers les IUT. Des places leur sont déjà réservés et cette politique de quotas commence à porter ces fruits.

C'est sans doute une voie à suivre pour le prochain gouvernement.

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