Alors que les partenaires sociaux poursuivent les négociations sur l'assurance-chômage, un débat ressurgit : avec ses chômeurs, la France est-elle plus généreuse que ses voisins?

Si la France est généreuse, c'est peut-être sur la durée d'indemnisation du chômage, plus longue qu'ailleurs
Si la France est généreuse, c'est peut-être sur la durée d'indemnisation du chômage, plus longue qu'ailleurs © Getty / Antoine Antoniol

Il est vrai que notre système est "généreux", reconnait l'OFCE, sauf qu'en réalité, tout dépend du poste que vous aviez avant.

Par exemple, un ouvrier à la chaîne qui se retrouve au chômage du jour au lendemain aura moins de chance qu'un cadre qui gagnait bien sa vie avant de pointer à Pôle emploi. Car, si en France, le calcul de l'allocation se fait sur le niveau de l'ancien salaire, et si un Français peut espérer percevoir jusqu'à 6.160 euros (plafond largement supérieur à celui de ses voisins), ce plafond cache une réalité toute autre : selon l'Unédic, en 2016, près de la moitié des demandeurs d'emploi ont dû faire avec une indemnité inférieure à 1.000 euros brut par mois.

La France plus généreuse...sur la durée

Si notre pays est généreux, c'est peut-être sur la durée d'indemnisation, plus longue qu'ailleurs. Certains, comme François Fillon, se posent d'ailleurs la question de la dégressivité de cette indemnisation, avec une baisse des indemnités dans le temps, comme en Espagne, en Suède.

Pour cause: en France, on peut toucher le chômage durant deux ans...et même trois lorsqu'on a plus de 50 ans. Et puis, surtout, chez nous, on entre à Pôle emploi plus vite. Quatre mois d'activité suffisent, contre 12 en moyenne au niveau européen.

Ailleurs, l'allocation chômage n'est pas servie toute seule

L'Europe, où - c'est important de le signaler - on ne calcule pas le degré de générosité de la même façon : si la France indemnise ses chômeurs par la seule assurance chômage, cela fonctionne différemment chez ses voisins. C'est le Trésor, l'administration de Bercy qui le souligne dans une note récente.

En Allemagne, par exemple, il y a les indemnités chômage, mais aussi l'exonération d'impôt qui va avec et qui compense. Idem au Royaume-Uni où les chômeurs ont droit, en plus, à des allocations familiales et des crédits d'impôts. Tout ça mis bout à bout, la France ne serait finalement pas plus généreuse que les autres.

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