Au programme de plusieurs candidats à l'élection présidentielle, l'installation de nouveaux radars est vue comme un moyen de diminuer le nombre de morts sur la route. Durablement ?

A long terme, l'efficacité des radars automatiques diminue, même s'il permet encore de diminuer de 25% le nombre de décès selon l'Insee.
A long terme, l'efficacité des radars automatiques diminue, même s'il permet encore de diminuer de 25% le nombre de décès selon l'Insee. © AFP / DOMINIQUE FAGET

L'arsenal répressif a un effet direct sur la mortalité routière. Les radars en sont la preuve. Installés pour les premiers en 2003, les radars automatiques ont été suivi d'une réduction de moitié du nombre de morts sur les routes.

Pour le professeur Claude Got, expert en sécurité routière et auteur de La violence routière, des mensonges qui tuent, le lien entre radars et baisse du nombre de morts est clair.

Mais l'effet radar diminue avec le temps

Tous les experts le disent, l'effet radar a tendance à diminuer avec le temps. Les avertisseurs de radars se sont généralisés et il y a moins d'effet de surprise. Les automobilistes ont intégré la présence des radars, ils ralentissent avant et accélèrent après.

Mais même si un radar est ancien, il permet encore, d'après les chiffres de l'Insee, de diminuer de 11% le nombre d'accidents et de 25% le nombre de décès.

Ce qui n'empêche pas la mortalité sur les routes de repartir à la hausse depuis trois ans. Chaque année depuis 2014, le nombre de morts sur les routes a augmenté, une hausse inédite depuis l'instauration du port obligatoire de la ceinture de sécurité, en 1972.

Peut-on réduire durablement la mortalité routière ?

La question de la sécurité routière est plus ou moins importante pour les candidats à la présidentielle. Le plus volontaire d'entre eux, c'est Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de la France insoumise plaide pour limiter la vitesse à 80km/h sur les routes à deux voies sans séparation centrale, soit 10km/h de moins qu'aujourd'hui. Il souhaite aussi installer de nouveaux radars.

Pas de nouveaux radars pour Benoît Hamon, mais le socialiste est lui-aussi favorable à une limitation de la vitesse à 80km/h.

Pour Emmanuel Macron, c'est l'inverse. Pas de changement de la vitesse limitée, mais l'installation de nouveaux radars.

A droite à et l'extrême-droite, la prévention plutôt que la répression. Marine le Pen veut mettre fin "au racket des automobilistes". La candidate du Front national veut supprimer les retraits de points pour les excès de moins de 10 km/h, mais en revanche alourdir les sanctions pour les grands excès.

Enfin, pas de nouveaux radars non plus pour François Fillion, ni de modification de la limitation de vitesse. Le candidat LR veut plutôt renforcer les contrôles de vitesse et d'alcoolémie.

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