Imposée pour assurer la mixité sociale, la carte scolaire est une inquiétude pour nombre de parents. Les Français sont-ils des champions pour y déroger ?

Il existe un contournement invisible de la carte scolaire, en déménageant pour échapper à la réputation d'un collège.
Il existe un contournement invisible de la carte scolaire, en déménageant pour échapper à la réputation d'un collège. © AFP / PHILIPPE LOPEZ

La carte scolaire, c'est un sujet finalement assez limité. On estime aujourd'hui à 10% la proportion d'élèves de sixième et de seconde qui demandent à bénéficier d'une dérogation. Selon des chiffres qui datent de 2015, elle est accordée dans 64% des cas, et dans 35% des cas seulement à Paris. Mais il existe aussi un contournement "invisible" de la carte scolaire. Lorsque les parents choisissent de déménager en fonction de la réputation d'un collège ou qu'ils échappent à leur secteur avec une fausse adresse.

Le ministère de l'Éducation nationale ne donne pas de chiffres actualisés, car il s'agit d'un sujet délicat et emblématique de notre système très inégalitaire.

Aujourd'hui, 10% des collèges, les plus élitistes, accueillent moins de 15% des élèves défavorisés. Et 10% en accueillent 63%. Or ces élèves de milieu défavorisé ont plus de chances de réussite quand ils sont dans un environnement plus mixte, ttes les études le prouvent. C'est donc moins d'échec, moins de décrochage scolaire.

L'enjeu est important et de nombreuses réformes de la carte scolaire ont déjà été engagées.

Peut-on lutter efficacement contre le détournement de la carte scolaire ?

En 2007, le gouvernement Fillon a opté pour l'assouplissement, au nom du libre-choix des parents. Les dérogations ont été accordées plus facilement, en fonction de critères comme le handicap, le fait d'être boursier, ou en raison d'un parcours scolaire particulier.

Mais en réalité, ce sont les familles les plus favorisées qui en ont profité. Seuls 4% des boursiers ont déposé une demande, et 2% des élèves handicapés : Il n'y a pas eu d'effet positif sur la mixité.

En 2012, le gouvernement a souhaité revenir à une carte scolaire plus rigide. Avec en parallèle, depuis septembre dernier, une vingtaine de projets pour favoriser la mixité : des secteurs multicollèges par exemple ou des offres pédagogiques différentes pour attirer les familles. Mais il s'agit d'expérimentations locales sans évaluation scientifique pour l'instant.

Aucune solution miracle donc pour cette question toujours épineuse pour les gouvernements.

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