A l'Assemblée nationale, 45% des élus sont toujours cumulards. Mais cela va bientôt changer et aucun candidat à la présidentielle ne semble remettre en cause cette mesure.

45% des parlementaires sont encore cumulards
45% des parlementaires sont encore cumulards © AFP / Patrick KOVARIK

Maires, présidents de région ou de département et parlementaires. 45% des députés cumulent encore à ce jour plusieurs mandats d'élu. Mais plus pour longtemps. La loi sur le non cumul entre en vigueur le 31 mars et sera vraiment appliquée dès le renouvellement des assemblées, en juillet pour les députés, en octobre pour les sénateurs

Ces élus vont donc devoir choisir : soit leur siège au parlement, soit leur siège local. En revanche ils pourront toujours, s'ils le souhaitent, être simple conseiller...

Remise en cause par aucun des gros candidats

Pendant cette campagne, aucun candidat ne devrait revenir sur cette mesure, tous veulent en effet la maintenir, même François Fillon, qui a pourtant subi de grosses pressions. Parmi ses soutiens, ils sont nombreux à fustiger régulièrement cette loi de non cumul, comme François Baroin, par exemple, qui dénonce une loi "anti-territoires", "anti-maires".

Plus récemment, devant l'assemblée, c'est André Santini, député-maire centriste d'Issy-Les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, qui s'est élevé contre la loi. L'élu, cumulard pendant quasi 37 ans, a fait ses adieux au Palais Bourbon en prenant son propre exemple et défendant un double engagement, "pertinent et complémentaire", espérant, dit-il, que les futurs élus puissent malgré tout faire entendre la voix de leurs territoires.

Des adieux qui ont valu au député-maire d'être raillé par la gauche, Bruno le roux, le ministre de l'intérieur, le questionnant avec une pointe d'ironie : "Pensez-vous que l'énergie que vous avez mis à transformer votre ville aurait été moins forte si vous n'aviez pas été député ?"

Une fois la loi entrée en vigueur, les parlementaires ne pourront plus choisir le mandat qu'ils souhaitent conserver

André Santini va donc redevenir simple maire d'Issy les Moulineaux et, comme lui, de nombreux parlementaires cumulards ont déjà pris leur décision. Dominique Bussereau, par exemple, va lâcher son siège à l'Assemblée pour rester président de la Charente-Maritime. Jacques Myard, au contraire , va quitter sa mairie de Maison-Laffite et se représenter dans sa circonscription.

C'est en tout cas un choix qu'il faut faire maintenant, car une fois la loi entrée en vigueur, le parlementaire n'aura plus voix au chapitre, il conservera le dernier mandat acquis et devra démissionner du plus ancien.

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