Avec le désengagement politique, la montée de l'abstention et le désintérêt pour les partis traditionnels, Frédéric Métézeau s'interroge sur la santé des partis politiques.

Premier débat télévisé, sur TF1, pour la primaire de la gauche des 7 candidats à l'élection présidentielle de 2017.
Premier débat télévisé, sur TF1, pour la primaire de la gauche des 7 candidats à l'élection présidentielle de 2017. © Maxppp / Alexandre MARCHI

Certains signes laissent penser que l'on peut s'inquiéter pour les partis. La baisse des adhérents à jour de cotisation en est un exemple flagrant : on dénombre 238.000 adhérents pour les Républicains au 1er janvier dernier, 86.000 pour le PS, 70.000 au PC, 57.000 au FN, 4 à 5.000 chez les Verts... Tous sont en forte baisse. Au Parti socialiste, c'est au total un tiers d'adhérents en moins en 5 ans !

Conséquence : des recettes en baisse, agravées par les défaites aux élections locales pour le Parti Socialiste, qui a dû, comme le PC, vendre des locaux et licencier des permanents. Et à droite, même si LR a gagné beaucoup d'élus, le parti doit éponger une dette colossale : encore 67 millions d'euros fin 2015.

Les primaires signent-elles la mort des partis politiques ?

Cette crise s'est accentuée avec l'organisation de primaires ouvertes, à quoi bon prendre sa carte puisque n'importe quel électeur peut désigner le candidat du parti à la présidentielle ?

Sans oublier la défiance qu'ils inspirent : l'asbtention en hausse continue et moins d'un français sondé sur 10 qui fait confiance aux partis politique selon le Centre d'Etudes de la Vie Politique Française de Sciences po...

Les partis vont mal mais ils ne sont pas morts ?

Les partis, pourtant, sont toujours là et bien engagés dans les élections ! Rappelons que la France (sauf à la grande époque du Parti communiste ou du RPF gaulliste) n'a jamais été un pays de partis de masse.

Et puis le rôle des partis est garanti par l'article 4 de la Constitution : "Les partis concourent à l'expression du suffrage, la loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis à la vie démocratique de la Nation." Traduction : garantie des temps de parole dans les médias, financement public pour ceux qui ont obtenu au moins 5% des voix.

N'oublions pas enfin que pour vraiment exister, un parlementaire doit appartenir à un groupe parlementaire. Ils ne sont pas obligés d'adhérer à un parti mais souvent les grands groupes parlementaires sont la réplique des grands partis.

La nature politique a horreur du vide, même mal en point on n'a pas trouvé autre chose pour remplacer les partis politiques. La preuve, même s'il s'en défend, Emmanuel Macron est en train de créer son propre parti !

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