La France est désormais troisième en terme de surfaces exploitées en agriculture biologique, au sein de l'Union européenne. Une sortie de crise pour l'agriculture française ?

Le bio n'est aujourd'hui pas encore à la portée de tous les consommateurs
Le bio n'est aujourd'hui pas encore à la portée de tous les consommateurs © AFP / JEAN-PIERRE MULLER

L'agriculture française est en pleine mutation. Les crises à répétition, dans tous les secteurs, sont bien là pour nous le rappeler : notre modèle, le modèle qui a prévalu ces dernières décennies, depuis l'après-guerre, et qui a longtemps fonctionné, ce modèle aujourd'hui s’essouffle.

Il parait de plus en plus difficile de chercher à produire massivement du bas de gamme, dans une économie mondialisée.

Cette façon de faire, cette agriculture qu'on peut qualifier d'industrielle, ne peut pas faire face, par exemple, aux poulets au Brésil, à la charcuterie en Allemagne, même si maintenant il y a un salaire minimum là-bas aussi, ou même pour le blé faire face aux exploitations de plusieurs milliers d'hectares de pays comme la Roumanie ou l'Ukraine.

Une autre voie que la production intensive

En tout les cas, comme dans beaucoup d'autres secteurs de l'économie, la France a une chance de s'en sortir par le haut, c'est-à-dire par la qualité, et la valeur ajoutée. Qu'elle a déjà dans ses gènes, dans son savoir-faire, dans ses 1000-et-1 terroir. Le bio tire donc le tout vers le haut.

Plus de diversification, plus de valorisation, moins de produit de synthèse, très coûteux à tous les points de vue, des circuits courts autant que possible... C'est de l'artisanal, du bichonné, du soigné, c'est aussi plus de travail, mais à la clef plus d'emplois.

Des rendements qui baissent, mais une valeur à l'hectare qui augmente

Ce mode de production pose cependant un problème de coût. Avec des rendements qui baissent, mais une valeur à l'hectare qui augmente, le prix pour le consommateur doit suivre. Le bio n'est donc pas, aujourd'hui, à la portée de tous. Même si on s'aperçoit que la part du budget consacré à l'alimentation a fortement baissé ces dernières années, par érosion du pouvoir d'achat certainement, mais aussi par choix, l'argent va ailleurs.

Et puis surtout, si tous les agriculteurs de France et de Navarre se mettent au bio, l'offre va devenir pléthorique, et logiquement les prix vont baisser. Mais pas les coûts de production. Les producteurs ne s'y retrouveront plus et c'est l'argument principal de ceux qui doutent de la généralisation du bio.

Les autres disent simplement qu'il suffit de réorienter les aides de la PAC (politique agricole commune) pour soutenir tous les efforts environnementaux. En tout cas, le bio semble bel et bien une piste d'avenir pour notre agriculture.

► LIRE AUSSI | Comment faire vivre mieux les agriculteurs ?

► VOIR AUSSI | Les programmes des candidats à l'élection présidentielle au banc d'essai

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.