François Hollande, qui a créé 9.000 postes dans les forces de sécurité, appelle son successeur à "poursuivre l’effort de recrutement…avec une marge de manoeuvre pourtant réduite.

François Hollande a augmenté les effectifs de sécurité, mais pas résolu le problèmes des tâches indues chez les agents
François Hollande a augmenté les effectifs de sécurité, mais pas résolu le problèmes des tâches indues chez les agents © AFP / JACQUES DEMARTHON

Dans un contexte d'état d'urgence, le Président de la république aura signé, sous ce quinquennat, de gros chèques pour les forces de l'ordre. D'abord pour équiper les brigades spécialisées, puis 850 millions dédiés aux carrières - ce qui est sans précédent - et à nouveau récemment 250 millions pour du matériel supplémentaire pour la sécurité publique, destiné aux agents qui sont en première ligne sur le terrain, au quotidien.

Le dernier grand objectif officialisé ce lundi, c'est la fin des tâches indues : les gardes statiques d'institutions comme dans les Palais de justice, ou encore les accompagnements de personnes en état d'ébriété dans les hôpitaux : cela afin d'être plus présents en patrouille sur le terrain.

En revanche François Hollande n'aura pas franchi le Rubicon de la simplification massive de la paperasse : cette procédure verbale que réclame depuis des années les commissaires, les officiers et les gardiens de la paix qui font du judiciaire. Un legs dont il n'est pas vraiment question dans les programmes de campagne des candidats, puisqu'on y parle surtout effectifs.

Pour François Hollande, il faut aller beaucoup plus loin : au delà des 9.000 postes créés sous ce quinquennat, et en ouvrir autant lors du prochain

Quelles promesses des candidats en matière d'effectifs de sécurité ?

Parmi les principaux candidats, Benoît Hamon évalue les besoins à 5.000 agents supplémentaires, gendarmes et policiers. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont à peu près dans les estimations du chef de l'état : autour de 10.000 postes en plus, tandis que Marine Le Pen en veut 15.000 de plus qu'aujourd'hui. En revanche, François Fillon veut surtout augmenter le temps de travail des forces de l'ordre sans embaucher forcément.

Des candidats qui ne divergent pas seulement sur les chiffres, mais sur les missions des forces de l'ordre : sur le rôle des brigades d'intervention, les brigades anti-criminalité ou de terrain et leurs équivalents gendarmes, les PSIG, dont on a beaucoup parlé dans les bavures présumées d'Aulnay-sous-Bois et de Beaumont-sur-Oise.

Doivent-ils être davantage dans la prévention, et limiter les contrôles d'identité au risque de retrouver accusés de cibler toujours les mêmes, et souvent taxés de racisme dans les zones de trafics de drogue ? Ou, au contraire, plus dans une politique de "zéro tolérance" en étant mieux équipés, mieux formés pour intervenir dans des zones sensibles ? Ce sont des lignes de fractures idéologiques que l'on retrouve au sein de la police et dans les différents programmes des candidats à la présidentielle.

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