Ils sont partout dans nos produits de consommation : la Commission Européenne veut donner une définition commune aux perturbateurs endocriniens...pour l'instant sans succès.

Selon une étude américaine, le coût des perturbateurs endocriniens pour l'Europe varie de 100 à 200 milliards d'euros par an.
Selon une étude américaine, le coût des perturbateurs endocriniens pour l'Europe varie de 100 à 200 milliards d'euros par an. © Getty / nastasic

Les perturbateurs endocriniens, ce sont ces substances chimiques qui peuvent modifier le système hormonal, et causer des maladies comme le cancer ou des troubles de la fertilité.

Des perturbateurs endocriniens partout

Vous les retrouvez au quotidien : dans les emballages de nos tranches de jambon, gels douche et crèmes de beauté, dans les cosmétiques (l'antibactérien dans votre dentifrice), dans les bouteilles et les jouets en plastique (même si les phtalates les plus dangereux, sont désormais interdits par l'Europe), dans la peinture, les produits d'entretien et les colles à bois...Et même dans certains de nos vêtements de tous les jours, dans certains pesticides...et certains médicaments. Pour Rémy Slama, spécialiste des perturbateurs endocriniens à l'INSERM, il est presque impossible de les éviter.

Nouvel échec de réglementation européenne

Ce mardi, la Commission Européenne a cherché une nouvelle fois à leur donner une définition commune, pour mieux les réglementer : un objectif qui reste difficile à atteindre...Et qui a encore échoué aujourd'hui. D'après le compte rendu des associations, l'Allemagne, les Pays-bas et l'Espagne ont dit oui. Mais la France, le Danemark et la Suède ont rejeté cette proposition. Selon Paris, les critères retenus ne protègent toujours pas assez le public.

Des lois existent déjà

Ségolène Royal accuse l'Europe de traîner les pieds : la commission devait en effet rendre sa définition en... 2013. Depuis, les ONG et les lobbys agrochimistes (en premier lieu les fabricants de pesticides) ferraillent. La situation est paradoxale : il y a des lois européennes depuis 2009 qui interdisent les perturbateurs endocriniens mais comme on n'arrive pas à se mettre d'accord sur une définition, une partie de cette réglementation est bloquée.

Quels effets des perturbateurs endocriniens sur notre santé?

Les chercheurs n'ont pas encore toutes les réponses, d'autant que nous ingurgitons un cocktail de perturbateurs endocriniens. Mais ils font de plus en plus le rapprochement avec des maladies bien connues. L'Université de New York a publié une estimation partielle du coût sanitaire des perturbateurs endocriniens pour l'Europe : entre 100 à 200 milliards d'euros par an.

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