C'est une théorie économique qui a vu le jour aux Etats-Unis à la fin des années 80 et qui est défendue aujourd'hui encore par bon nombre d'économistes. Vrai ou faux ?

Une agence d'intérim à Montbéliard
Une agence d'intérim à Montbéliard © Maxppp / Lionel Vadam

Le CDI empêche-t-il d'embaucher ?

Selon les économistes qui défendent cette théorie qui a vu le jour aux Etats-Unis à la fin des années 80, il y aurait les insiders, les populations "incluses", en CDI, qui ont défendu leur statut et la stabilité de leur emploi, grâce notamment aux syndicats. Et cela empêcherait le marché du travail de fonctionner de manière concurrentielle, au détriment donc des 'outsiders', les salariés très précaires en CDD et intérim.

Il s'agirait donc, en agissant sur le CDI, en facilitant le licenciement, en créant des contrats plus court, ou même en donnant moins de pouvoir aux syndicats, de remettre de l'huile dans les rouages, de faciliter les embauches, et de faire baisser le chômage.

Gilbert Cette, lui ne va pas jusque-là. Mais ce professeur d'économie à l'Université d'Aix-Marseille affirme qu'on pourrait créer des centaines de milliers d'emplois si seulement les conditions de séparation, de rupture de contrat, de licenciement économique étaient moins procédurales et moins complexes.

Y a-t-il des preuves, des indices qu'en assouplissant le CDI on pourrait relancer le marché de l'emploi ?

Et bien pas vraiment. C'est très difficile aujourd'hui d'affirmer que c'est bien le statut actuel du CDI qui nuit à l'emploi et si des modifications seraient efficaces contre le chômage. L'OCDE, l'organisation de coopération et de développement économique, d'obédience libérale, a même soutenu à deux reprises ces dernières années qu'il n'y avait pas d'indices probants dans ce sens.

Il y a même des économistes qui disent le contraire, qui disent qu'assouplir le CDI serait contre-productif

Oui, les économistes du courant de pensée des "Atterrés". Qui montrent en exemple l'Espagne, le Portugal, ou encore l'Italie, des pays qui se sont lancés dans la flexibilité du marché du travail et qui se sont effondrés avec la récession post-crise de 2008, à cause d'emplois rendus trop sensibles ou plus fragiles. Ou au contraire l'Allemagne, et son industrie, où les syndicats se sont battus pour maintenir l'emploi, avec des mesures de chômage partiel ou d'utilisation de compte épargne temps. Et dès que l'économie est repartie, les salariés étaient là, prêts à produire.

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