Forte préoccupation des électeurs, le pouvoir d'achat baisse-t-il vraiment ? Bruce de Galzain répond à cette idée reçue de la campagne présidentielle.

Chez les retraités notamment, la baisse du pouvoir d'achat est un ressenti fréquent
Chez les retraités notamment, la baisse du pouvoir d'achat est un ressenti fréquent © AFP / JACQUES DEMARTHON

Préoccupation majeure des Français, le pouvoir d'achat ne baisse pas, si l'on en croit les chiffres de l'Insee.

Le pouvoir d'achat c'est votre revenu disponible et ce que vous pouvez acheter avec. Son évolution dépend de ce que vous gagnez et de l'inflation, c'est à dire de l'augmentation des prix. Et si l'on remonte à la crise de 2008, il y a près de 10 ans déjà, le pouvoir d'achat n'a baissé qu'en 2012 et 2013. Depuis, d'ailleurs, il a plutôt augmenté... +0,7 en 2014, 1,6 en 2015 et même 1,9 l'an dernier.

D'où vient ce sentiment de recul ?

Le problème, c'est que cet indicateur de pouvoir d'achat est trop global : pour affiner ses résultats, l'Insee publie donc un indicateur plus personnalisé, calculé en fonction de la composition du ménage.

Mais cet indicateur aussi est en hausse ces dernières années, même s'il l'est moins que l'indicateur global.

C'est d'ailleurs parce que le pouvoir d'achat est une mesure global, que cette moyenne fausse beaucoup de chose. Eric Heyer, économiste à l'OFCE, est éclairant lorsqu'il explique l'effet Bill Gates : "Si le milliardaire vient dîner chez vous ce soir, le pouvoir d'achat global de ceux qui vous entourent, vous, votre famille, Bill Gates également... Ce pouvoir d'achat explose alors que vous n'avez pas gagner davantage !"

Le pouvoir d'achat ne mesure pas les inégalités

L'explication, c'est donc que le pouvoir d'achat ne prend pas en compte les inégalités, il les lisse. Alors que pourtant les plus pauvres sont plus sensibles à la hausse des prix, à l'inflation dont dépend le pouvoir d'achat.

D'un côté, les plus pauvres qui voient augmenter les prix de leurs dépenses contraintes comme l'alimentaire, l'hébergement, l'électricité et profitent peu des prix qui baissent (télévisions, ordinateurs, voyage, tourisme) car ils voyagent moins ou ne change pas de télé tous les ans. D'où ce ressenti réel d'un pouvoir d'achat en berne en tous cas pour les moins riches.

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